‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 160 sur 291 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

conséquence le procès-verbal de la municipalité de Meyrin s'exprime comme il suit :

€ Le Conseil de la commune assemblé au lieu ordinaire c de ses séances, il a été délibéré unaniment que les titres « et papiers féodaux du citoyen Perrault, déposés par luie même à la municipalité le 24 octobre dernier, seroient « conduits au pied de l'arbre de la liberté pour être réduits f en cendres. Ce qui a été exécuté les jour et an que o dessus. 9

Les terriers étaient naturellement les titres qu'on avait le plus d'intérêt à détruire, et on les recherchait partout d'une manière toute spéciale. Ceux de Pregnin, Bruel, Ruttet, Thoiry, etc., n'échappèrent pas à cet auto-da-fé, sans doute ; mais les terriers de la seigneurie de Matignin et Cointrin, reliés en gros volumes et placés sur les plus hauts rayons de la bibliothèque, ne furent pas remarqués ou furent pris pour des livres imprimés. Je les ai tous retrouvés à mon grand étonnement...

A propos du brevet de pension et de la croix de Saint- Louis de mon oncle, Claude-Joseph de Jotemps, qui fit la guerre sous le maréchal de Broglie et sous le prince de Ccndé, en qualité de brigadier des gardes du corps du roi et de capitaine de cavalerie, il y a des choses tout à la fois tristes et consolantes à dire.

(Vprès la visite domiciliaire dont j'ai parlé plus haut, pour la recherche des titres de noblesse des citoyens Perrault, ceux-ci furent dénoncés pour n'avoir pas déposé la croix et le brevet de Saint-Louis à la municipalité. C'est ce qu'indique l'acte suivant dont je n'altère pas l'orthograph(,\ Elle est du secrétaire et je veux la lui laisser. Plus correcte, elle lui ferait moins d'honneur, car on pourrait atti-ibuer à quelque autre, plus lettré, les efforts honnêtes dont cette rédaction témoigne :

« Extrait des séances extraordinaires du Comité' desur- « veillance révolutionnaire de la commune de Prevessin, « et Matignin réunis, au 27 octobre ijgS, à trois heures « du matin. Le Comité assemblé sur la convocation du « citoyen Jacquemier et composé des citoyens Debria, « Sonnex, Durand, Dufour, Emery, Demolaz, Fusier, « Rouph, Udry et Jacquemier. Le dit président fait lec- « ture d'une lettre qu'il vient de recevoir du conseil d'ad- « ministration du district de Gex, portant que le citoyen « Perrault, n'ayant pas déposé la croix et le brevet de a Saint-Louis à la municipalité du lieu de sa résidence, « ainsi qu'ily étoittenu, l'administration du district enjoi- « gnoit au comité de faire exécuter la loi. » Aussitôt le Comité requiert quatre hommes pour aller garder à vue M. Perrault de Jotemps à Feuillasse ; mais tout de suite il trouve « qu'il y a lieu à des discussions et à prendre des 0 renseignements et il s'ajourne à deux heures de rele-' « vée. » Séance reprise, le comité découvre de bonnes et charitables raisons pour laisser M. de Jotemps tranquille, et sur la question ainsi posée : « s'il y a lieu de déclaré le « citoyen Claude- Joseph Perrault suspects, OUI ou NON ? ■» le brave comité dit NON et décide « que le « citoyen capitaine soit requis de lever la garde comman- « dée pour garder le dit citoyen. »

Hélas ! ni la bonne volonté des membres du conseil de Meyrin ni celle du comité de surveillance ne firent éviter la prison à mes chers père et mère et à mon pauvre oncle de Jotemps, déjà tourmenté par une hydropisie de poitrine. Et ce n'était pas assez que cette prison, aux yeux de l'infâme agent national de Gex ! (Je me dispense de le ' nommer ; quelques vieillards savent son nom, et il est inutile que ses honnêtes petits neveux le sachent.) Car, le prairéal suivant, comme l'écrit cet être malfaisant, il

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