‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 161 sur 291 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

s'adresse au citoyen Méaulle, représentant du peuple, en mission dans le département de l'Ain, lui dénonce le maire de Meyrin et se plaint « des égards criminels » que les municipalités ont pour les détenus.

J'ignore quand et comment le brevet de chevalier de St-Louis fut livré. Mais pour la croix, elle ne le fut jamais ; car je l'ai encore, et cependant cet agen^ national et tant d'autres patriotes tenaient plus à la livraison d'un peu d'or qu'à celle d'un parchemin. Aussi paraît-il que les recherches et les vexations à l'occasion de cette croix durèrent longtemps. Elles ne cessèrent que le 3o thermidor an II sur la production d'un faux certificat, délivré courageusement par le médecin Vial et déclarant que la croix avait été vendue à un juif (i).

Avant de revenir à Ferney, produisons deux lettres inédites du député Deydier, datées des 17 et 18 nivôse. La première est adressée à son ami Févelas, et la seconde au maire de Bourg Albant.

Claude-Denis Févelas, attaché au ministère des affaires étrangères, avait accompagné Gouly à Bourg, en qualité de secrétaire ; mais là, en butte à l'animosité de Blanq-Desisles et de Convers dont il avait blâmé la querelle avec Debost lors di. repas des Bressans fédérés (voir ch. 11 de la

( ) Notes généalogiques sur notre famille (écrites en iS5i et i852 poir ses enfants par le comte Gaspard Perrault de Jotemps). Copie du ma luscrit original, 162 p. in-fo!:o. — Ph. L.D. .

C n verra au voiume suivant cornaient le pire et l'oncle de M. de Jot'mps furent maintenus en arrestation par Méaulle (Ch. v. xvii' Ep.) et mis en liberté par Boisset (Ch. vu, xviu» Époque).

XIP Époque), il fut très mal accueilli à la société populaire ; on l'accusa d'avoir été expulsé de celle des Jacobins de Paris. Gouly, qui ne connaissait pas encore nos Tartuffes politiques, craignit que les députés, qui lui avaient offert Févelas pour secrétaire, ne se fussent trompés sur son compte et, dans le doute, il partit pour Belley en le laissant à Bourg Jusqu'à plus ample informé.

Deydier, dans la lettre qu'on va lire, disculpe son ami, et son témoignage a cela de précieux qu'il concorde avec la justification que Févelas publia plus tard lui-même. On lira d'ailleurs avec intérêt ce que Deydier dit de Gouly et du club des Jacobins.

Paris, le 17 nivôse an II de la République française, une et indivisible.

Deydier à Févelas.

Tu as bien fait, mon cher ami, d'aller voir tes parents de Pont-de-Veyle. L'on a dû effectivement te parler de moy dans ce pays; j'y ai plusieurs connaissances.

Tu as écrit à Cluny pour qu'il parle de toy à la société de Bourg. Il ne veut pas le faire: il a remis ta lettre au comité de présentation des Jacobins qui lui a dit que tu en avoisété rayé pour avoir présenté une pitition à la Convention, pour ton voyage dans la Vendée et pour avoir été secrétaire de Dumouriez; et il m'a dit pour son compte qu'il ne pouvoit parler pour toy, que tu avois cherché à plusieurs reprises de le mettre dans le party brissotin. Je lui ai répondu qu'il devoit connoître tes principes, que tu l'avois mis toi-rnême dans le chemin du patriotisme, que je t'avois suivi depuis que je suis à Paris, que jamais je

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