‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 168 sur 291 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

iX. — Fuyons, craignons tout Brissotin, Tout endormeur du genre humain.

Surveillons, patriotes !

Ne voyons que la liberté ; Cette déesse, en vérité, Est toute Sans-Culotte ( i ) .

La partie honnête de la population bressane, qui ne savait guère comment Gouly se comportait dans le pays de Gex, le crut plus que jamais son aug-e tutélaire^ en apprenant Tarrestation des trois terroristes. Comptant donc sur son appui, elle se dispose à la résistance et « le monstre du fanatisme ose relever la tête. » L'émotion dans les campagnes devient assez vive pour inquiéter les frères et amis. Les administrateurs du district de Bourg s'empressent de les rassurer par une adresse du 25 nivôse :

Frères et Amis,

La mission du représentant Gouly dans le département de l'Ain doit y ramener le calme et la paix; par quelle fatalité voit-on naître en ce moment parmi vous et surtout dans les campagnes les plus reculées, des défiances et des inquiétudes nouvelles ?

(i) Recueil d'hymmes civiques imprimés par ordre du représentant Aliiitte pour être répandus dans les communes du département de l'Ain et au Mont-Blanc. Vive la République ! Bourg-régénéré. Philipon, an II, 48 ;). in-i2. — Ph. L.D.

Ah ! ce sont-là, n'en doutez pas, les derniers artifices, les dernières convulsions de l'aristocratie expirante. Elle avoit suscite' contre la France tous les tyrans de l'Europe ; ils sont vaincus, et bientôt ils s'estimeront heureux d'obtenir pour eux-mêmes la paix qu'ils nous avoient ravie. Elle avoit mis les torches du fanatisme à la main des rebelles de la Vendée ; ils sont exterminés, et le sol dévasté qu'ils ont parcouru va renaître au patriotisme et à la tranquillité. Elle avoit porté le flambeau de la discorde au sein même de la Convention nationale ; il est éteint. Les chefs d'une faction liberticide ne sont plus; la constitution est faite et acceptée, et la fin prochaine de la Révolution nous fera bientôt jouir de ce sublime objet de tant de vœux. Lyon achève d'expier sa rébellion, et Toulon est rentré dans nos mains. Partout la République triomphe ; partout le calme renaît à mesure que l'égalité et la liberté s'affermissent. Enfin, un régime révolutionnaire et provisoire précipite la destruction des derniers débris de l'aristocratie pour asseoir, sur un sol déblayé de tant de décombres, l'édifice impérissable du régime constitutionnel.

Après ce tableau enchanteur, les administrateurs signalent deux dangers : l'exagération patriotique et le fanatisme. Puis, voulant approuver le dictateur sans condamner les trois détenus, ils disent que Gouly, fléau des aristocrates comme des faux patriotes, se montre indulgent pour Ter- • reur et inflexible pour la malveillance soit qu'il éloigne du peuple patriote des citoyens suspects soit qu'il réprime des citoyens égarés par un zèle inconsidéré.

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