‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 171 sur 291 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ron-Meillonnas et la citoyenne Marron-Belvey de lui donner du vin étranger pour le représentant du peuple Gouly ; — 2° d'avoir offert de payer ce vin à la taxe du vin de Revermont et de s'être fait donner de force des reçus du payement du dit vin ; — 3» d'avoir fait porter chez lui par Dezèbe, mandeur de ville, un pain de sucre et dix livres de chandelles sans en prévenir le conseil ; — 40 d'avoir emporté des imprimés de passeport non remplis et timbrés suivant le rapport qu'en a fait le citoyen Putod, secrétaire adjoint ; — 5" de s'être introduit dans le bureau du citoyen Desisles au département, avant-hier soir, à six heures, et en avoir soustrait un paquet de papiers, suivant qu'il est constaté par le procès-verbal dressé par le département le jour d'hier ; et a en conséquence demandé que le conseil prît en considération le présent rapport et s'assurât des faits en faisant citer les citoyens qu'il dénomme pour venir déclarer la vérité en présence du dit conseil assemblé.

Le Conseil, « vivement pénétré de ce rapport, » voulut acquérir la preuve immédiate des faits, ^[me deMeillonnas, le secrétaire Putod, le mandeur de ville Dezèbe, M'"^ de Belvey et son cuisinier Chapon furent appelés séance tenante et successivement entendus. Les interrogatoires confirmèrent les allégations de .l'agent national. Ils sont intéressants par les détails qu'ils donnent sur la vie de ce temps-là ; vu leur longueur, toutefois, nous ni les ferons connaître que par extraits. Prévenons aussi le lecteur que les deux dames interrogées al laient être bientôt veuves par la cruauté d' Albitte,

et qu'elles appartenaient aux plus honorables familles de notre ville : M"'^ de Meillonnas était la belle-fille de cette dame artiste et poète dont les amateurs recherchent aujourd'hui les tragédies et les faïences; M"'^ de Belvey eut pour petit-fils notre historien, M. de Lateyssonnière.

Interrogatoire de M"^^ de Meillonnas.

La citoyenne Marron-Meillonnas (interpelle'e par l'agent national) a dit : Que, le 23 frimaire, étant venue à la maison commune pour demander une permission écrite de faire passer sur une voiture quelques effets à son mari, détenu à Ambronay, le citoyen Benoît Ravet, notable, lui demanda si elle avoit beaucoup de vin et si elle en avait du bon ; que croyant que cette demande tendoit à lui faire faire une déclaration du vin qu'elle avoit chez elle, elle lui répondit qu'elle avoit deux mâconnoisespour son usage et du vin du pays pour sa maison ; qu'alors le citoyen Ravet lui dit : Tu as bien du vin en bouteilles, etqu'Alban, maire, lui fit la même observation en lui disant qu'elle en donneroit bien quelques bouteilles pour le représentant Gouly, qu'on les lui payeroit ; qu'elle répondit qu'elle avoit du vin étranger et qu'elle n'avoit rien à refuser au représentant Gouly et qu'elle n'exigeoit aucun payement, qu'elle feroit porter chez lui autant de bouteilles qu'on en voudroit.

A elle demandé si elle a fourni du vin et combien elle en a donné de bouteilles, de quelle qualité étoit le vin et par qui il a été porté ;

Répond qu'elle a donné quatre bouteilles de vin, deux de Bordeaux, une du pape et une de Champagne, et qu'elles ont été remises le même jour, 23 frimaire, sur les

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