‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 178 sur 291 · CHAPITRE VIII. 3ll · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 3ll

ontrebandiers, des déportés et de quelques émi- ;rés, » et, le lendemain, il en change les autoités. Le maréchal, Louis Girod, devient maire, t le tailleur d'habits, Jean Hutin, agent national le la commune (i).

Le 22 nivôse, Gouly rentre à Gex et y séjourne i 23. Un de ses arrêtés du 22 nous apprend que es habitants de Belley criaient famine, que le blé nanquait sur leur marché malgré les réquisitions, u'ils demandaient la création d'un grenier d'abonance et proposaient, pour l'approvisionner, de ayer aux propriétaires les frais de transport en as du prix des grains. Gouly donne son consenment çt décide que les avances à faire pour ledit enier d'abondance seront prélevées sur la taxe ivolutionnaire et remboursées au fur et à mesure ; la revente des grains aux consommateurs (2).

Les représentants du peuple près Communeffranchie, sans tenir compte du décret du i4friaire, avaient envoyé quatre commissaires dans 3 districts de Montluel et Trévoux, c'est-à-dire .ns le département de l'Ain qui, depuis lors, ait le domaine exclusif de Gouly. Celui-ci, blessé l'ingérence de ses collègues, la relève dans une

compte rendu de Gouly, 3« éd.. p. 201. :) IJem, p. 208.

3l2 QUATORZIÈME ÉPOQUE.

lettre datée de Gex, du 22 nivôse, et leur dit notamment :

Les décrets de la Convention nationale ont dû vous instruire de la nature de mes pouvoirs, ils sont illimités pour les départemens de V Ain et Saône-et-Loire, ainsi que les vôtres le sont pour les armées des Alpes et Commune- Affranchie. Entre collègues, il me semble qu'une lettre amicale eut dû me demander cette communication de pouvoirs....

Le Comité de salut public m'a renvoyé, pour être vérifiées et pour prononcer, toutes les réclamations faites contre les opérations des quatre commissaires que vous avez envoyés dans le département de l'Ain, ainsi que celles faites contre les arrêtés de notre collègue Javogues.

Puis, craignant d'avoir été trop loin, il leur écrit le même jour, à propos des intrigants et des ultrarévolutionnaires, qui s'agitent en tout sens poui retenir en leurs mains le pouvoir tyrannique :

Vous vous êtes laissés tromper, braves Montagnards ! mais le peuple n'en souffrira pas. J'aurai le plaisir d'allet vous donner le baiser fraternel à Commune-Affranchie^ lorsque je serai dans le district de Montluel.

Salut, fraternité et harmonie (i).

Le baiser fraternel n'efface pas la mauvais impression produite par la première lettre. Goulj d'ailleurs s'était fait un ennemi de Javogues en remplaçant, et en répudiant sa commission popij

(i) Compte-rendu de Gouly, 3«éd., p. 47 et 48.

Page 1