‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 177 sur 291 · CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI

de paix. Quant à la société populaire, elle comprit i3o membres, parmi lesquels se trouvaient 3 lapidaires, 17 horlogers, i3 laboureurs, 2 5 militaires, quelques employés, quelques négociants et grand nombre d'artisans de tous états (i).

De Ferney Gouly se rend à \^ersoix, le 1 9 nivôse, et, dès son arrivée, il fulmine l'arrêté suivant :

Le Représentant du peuple, etc., s'étant convaincu que le citoyen Peysson a signé tous les arrêtés liberticides du lépartement de l'Ain, et qu'il entretient encore des correspondances avec les citoyens Tardy et Pages, anciens îdrninistrateurs dudit département, et fédéralistes pronon- :és, arrête :

Le citoyen Peysson^ membre du directoire du départenent de l'Ain, est destitué: en conséquence il sera saisi, irrèté et conduit en la maison de détention de Bourg- Régénéré, jusqu'à ce qu'il ait été définitivement prononcé >ur son sort; les scellés seront apposés sur ses papiers (2).

Le même soir, il écrit au Comité de salut public :

Citoyens Collègues, Il est sept heures du soir, je sors de Genève où j'ai dîné ; 1 y a une grande fermentation dans cette cité ; deux paris y existent : l'un (et c'est le plus fort en nombre) veut 'ur ion à la France ; l'autre veut l'indépendance et déteste es Français ; ou je me trompe fort, ou il ne tardera pas à

(i) Compterendu de Gouly. 3' éd , p. i8i. (2; Idem, p. 194.

3lO QUATORZIÈME ÉPOQUE.

s'y faire une insurrection vigoureuse ; nos victoires y sont célébrées avec la plus vive allégresse par le club montagnard, ce qui augmente encore la rage du parti aristocrate, de ce parti qui fit passer à Lyon six millions en or, de la part de Pitt, pour accélérer sa rébellion. Quoique je sois entré à Genève sans m'être fait annoncer, il ne m'en est pas moins venu une députation du pouvoir exécutif pour me demander le maintien d'un arrêté de trois de nos collègues, Gauthier, Dubois-Crancé et Albitte; je n'ai pas cru devoir le maintenir en son entier, parce que les Genevois, sous le prétexte de faire transporter chez eux le produit des terres qu'ils cultivent chez nous et qui leur appartiennent, ont enlevé et enlèveroient encore les grains que nous envoyons dans les départemens limitrophes pour les alimenter, de manière que nous serions continuellement aux expédiens pour les substanter (i), et toujours affamés. J'ai donc supprimé les articles qui leur accordoient ce droit ; mon avis est que le produit du sol français reste en France dans les circonstances actuelles. ... (2).

Versoix, qui appartient depuis i8i5 à la Suisse, formait alors deux communes françaises : Versoixle-Bourg et Versoix-la- Ville. Le proconsul les réunit en une seule qu'il baptise du nom de Versoix-la-Raîson^ et à laquelle il donne pour maire le ferblantier Hugues Lavergue et pour agent national l'horloger Jacques Perrin (3).

Dans la journée du 20 nivôse, il visite Divonne, a foyer d'agiotage et de contrebande, refuge des

(i) Gouly devait dire sustenter.

(2) Compte-rendu de Gouly, 3' éd., p. 4.3.

(3) Idem, p. 197.

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