CHAPITRE Vin. 3l
Art. III. — Chaque conseil général de commune met- :ra une taxe progressive sur tous les citoyens possédant 3lu3 de quinze mille livres en meubles et immeubles, sur es célibataires et les égoïstes, afin d'acheter des grains )our nourrir et entretenir les pauvres et subvenir aux rais des comités de surveillance. Cette taxe ne sera arrêtée [ue sur l'état que fourniront les sociétés populaires du lieu )u à défaut, les circonvoisines ; à l'effet de quoi, les coneils généraux sont tenus de les consulter, et d'agir avec a plus sévère impartialité.
Art. IV. — Le citoyen qui ne paiera pas à la première équisition la somme à laquelle il aura été imposé, est ondamné à une amende de cinq cents livres, attribuable ux indigens (i).
En passant à Nantua, le 25 nivôse, Gouly destue Fagent national du district, le citoyen Delilia, u'il remplace par le citoyen Guichon, membre du irectoire du département, et il rapporte deux de s malencontreux arrêtés : celui qui défend de
r des veaux et des veyîes (ch. iv ci-devant) et lui qui jette en prison tous les prêtres des disicts de Nantua et de Pont-de-Vaux.
Ces mesures lui gagnent les cœurs. Le lendeain, une quinzaine de Nantuatiens dévoués Tacmpagnent jusqu'à Pont-d'Ain; puis là, préveis par des voyageurs, venant de Commune- Bfrr.nchie et de Mâcon, qu'on doit l'arrêter à Durg et Passassiner, ils se décidèrent à lui faire te jusqu'au chef-lieu du département.
:) Compte rendu de Goulj-, 3« éd., p. 2i5.
3l6 QUATORZIÈME EPOQUE.
Avant de quitter Pont-d'Ain, Gouly écrit, le 26, au Comité de salut public :
Citoyens Collègues,
.... Les troubles de la commune de Mâcon, les dénonciations faites contre moi me font craindre qu'on ait soustrait beaucoup de mes lettres, puisque je ne reçois de la Convention, non plus que du Comité de salut public ni ratification ni improbation des arrêtés provisoires que j'ai pris dans les diverses communes que j'ai parcourues, et que je vous ai régulièrement envoyés, ce qui me met dans l'embarras. Néanmoins je vais toujours mon train. J'arriverai ce soir à Bourg; j'y examinerai la conduite des trois fonctionnaires publics que j'ai fait mettre en arrestation, pour les raisons que je vous ai données ; je jugerai aussi celle de tous les particuliers détenus comme suspects par mandat du ci-devant Comité central de surveillance. Salut et fraternité (i).
Ces malheureux détenus lui avaient adressé, le 22 nivôse, la supplique suivante :
Permets à des citoyens malheureux de venir t'exprimer leurs craintes et leurs inquiétudes ; tu es trop humain et trop juste pour ne pas les écouter avec intérêt.
Le bruit se répandit hier, dans la maison d'arrêt, que Convers, Chaigneau et Laymant étoient allés à Mâcon, et que de là ils s'étoient rendus à Commune-Affranchie pour chercher à augmenter la prévention que, tant eux que leurs complices sont parvenus à faire naître contre la commune de Bourg, pour engager les représentans du peuple
(i) Compte-rendu de Gouly. 3' éd., p. 54.