‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 182 sur 291 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

a faire transférer à Commune-Affranchie plusieurs d'entre nous (i).

Ce bruit, que rendoit vraisemblable la translation de Desisles et Rollet dans une maison particulière, fut confirmé le soir par Convers qui, à son retour de Commune- A.ffranchie, fut, en conséquence de ton arrêté, amené aux Sainte-Claire, d'où il fut conduit sur le champ par les Dfficiers municipaux dans la maison où Desisles et Rollet ivoient été transférés.

Convers annonça, en nous menaçant, que les représen- ;ans du peuple Albitte et Fouché, de Nantes, dévoient ïrriver de Commune-Affranchie dans deux jours, et il lous fit entendre qu'ils les vengeroient en faisant justice le nous.

Ce propos n'est peut-être qu'une jactance de la part de Honvers ; mais nous ne croyons pas devoir te le laisser gnorer.

Le projet formé par Desisles et autres de faire établir k îourg une commission populaire, et de faire traduire à lommune-Affranchie plusieurs de nous par le détachement révolutionnaire qu'ils avoient eux-mêmes attiré dans ette commune, ces faits, connus de toi, sont bien sufsars pour justifier nos alarmes et nos inquiétudes.

Nous t'adjurons, citoyen Représentant, au nom de l'hu-

anité, de défendre à toute autorité constituée de nous jissar sortir de Bourg jusqu'à ton arrivée, sans un ordre sprès de ta part ou de la Convention nationale.

Si.ivent les signatures (2).

Après avoir dîné à Pont-d'Ain, Gouly se remet

(i) Les nitra-révolutionnaires se rendoient à Lyon pour'solliciter des Têté3 d'autres représentants pour un département où la loi du 14 friire leur défendoit d'exercer aucun pouvoir. [Note de Gouly). (2) Compte-rendu de Gouly, 3* éd., p. 339.

3l8 QUATORZIÈME ÉPOQUE.

en route avec les Nantuatiens et arrive à Bourg. Sa rentrée s'effectue sans aucun danger ; ses adversaires sachant déjà sans doute qu'il n'était plus à craindre, avaient abandonné tout projet de violence. La population honnête, qui n'était pas dans le secret de l'intrigue, lui fait au contraire une réception des plus gracieuses, des plus sympathiques. On l'acclame sur son passage ; les rues, de l'aveu même de ses dénonciateurs, sont « obstruées de personnes qui se pressent autour de lui en criant: Voici notre ange iutélaire ! Voici notre ami Goiily ! (i). »

Mais à cette ovation succède un affront cruel. Albant, revenu triomphant de Lyon, présente insolemment à Gouly la nomination d'Albitte pour le département de l'Ain. Gouly maîtrise son indignation et, plus humilié pour la Convention qu'il représente que pour lui-même, il s'empresse d'annoncer sa soumission au Comité de salut public :

Bourg-Rcgénéré, 25 nivôse, l'an II de la République, etc,

Citoyens Collègues,

Il est six heures, j'arrive à Bourg, et le citoyen Albai aîné me communique un extrait de l'arrêté du Comité d< salut public, en date du 9 courant, qui nomme le citoyeï Albitte pour les départemens de l'Ain et du Mont-BlancJ tandis que, par une lettre du 14 suivant, le Comité me

(i) Suppl. au compte-rendu de Gouly, i" éd., p. 29.

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