‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 183 sur 291 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

:harge de vérifier les opérations des commissaires envoyés de Commune-Affranchie dans les districts de Montluel et Trévoux. J'ai malgré cela déclaré de suite que je ne ferois plus aucun acte législatif dans le département de l'Ain ; nnais comme cet arrêté ne fait point mention du département de Saône-et-Loire, dont je suis pareillement chargé par un décret de la Convention, je vous demande ce que je dois faire... (i).

Le lendemain, il charge Févelas de porter au Zlomité de sûreté générale la lettre suivante et de ,ui expliquer les machinations dont il est victime :

Bourg-Régénéré, 27 nivôse, Tan II de la République, etc.

Citoyens Collègues,

Votre silence sur les envois que j'ai faits au Comité de .ûreté générale, de pièces et arrêtés depuis que je suis en nission, a tout lieu de me surprendre : néanmoins comme e Comité de salut public a gardé avec moi, à peu de chocs prés, le même silence, quoique j'aie constamment icrit et adressé, de deux jours l'un, toutes mes opérations linsi qu'il conste par mon journal, je ne doute plus de la oustraction de mes dépêches à Belley, Bourg ou Màcon. )ans les deux dernières communes, quelques intrigans crai- ;noientma présence et ma correspondance; et, pour laiser le temps à la calomnie de faire quelques progrès, ils l'ont sans doute pas cru trouver de meilleurs moyens que .'intercepter mes paquets : bien certains que le Comité de alut public voyant des dénonciations successives contre ooi, concevroit de l'inquiétude en ne recevant point de nés nouvelles. Afin que celui-ci n'éprouve pas le même

(i) Compte-rendu de Gouly, 3* éd., p. 56.

sort, je le fais porter par le citoyen Févclas qui, en même temps, vous instruira de toutes les machinations des sociétés de Mâcon et de Bourg : quand je dis des sociétés, je m'explique incongruement, car ce ne sont que cinq à six individus de chacune d'elles qui veulent conserver le pouvoir tyrannique qu'ils ont usurpé sur ces sociétés, pour en leur nom, opprimer sept mille citoyens, sous le prétexte de faire la guerre à mille ou douze cents égoïstes ou malveillans cachés que ces deux communes peuvent contenir en sus; car tous les aristocrates qui ont osé se montrer sont heureusement incarcérés comme très suspects; ils savoient, ces ambitieux, que toutes mes actions ne tendoient qu'à maintenir la souveraineté du peuple, et à faire prospérer la République, en la faisant chérir partout où je passois, et non à faire triompher les intrigansen servant leurs passions : voici pourquoi ils me détestent, et me dénoncent.

Albitte me remplace dans le département de l'Ain ; je l'attends pour lui remettre les papiers dont je suis chargé; je partirai pour Châlon aussitôt son arrivée : là, j'attendrai des nouvelles du Comité de salut public... Si je suis rappelé dans le sein de la Convention, je n'en serai point fâché.

Salut et fraternité (i).

Albitte arriva le 28 nivôse, et Gouly partit le 29 (18 janvier 1794). Son départ fut un malheur pour notre pays. Sans être un ange, il valait mieux que la plupart de ses collègues; sa rigueur républicaine était parfois tempérée par le sentiment de la

(i) Compte-rendu de Gouly, 3' éd., p. 56.

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