‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 188 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

formément aux décrets de la Convention nationale. Ils sont réputés être sans pouvoir dans les autres départements.

Art. IV. — Les Représentants du peuple, désignés pour l'exécution des mesures de salut public et pour l'établissement du gouvernement révolutionnaire, sont pour les départements de l'Ain et du Mont-Blanc, le citoyen Albitte.

Art. V. — Le présent arrêté sera remis et envoyé à chacun des Représentants du peuple désignés.

Signé au registre : Billaud-Varenne, Barrèreet Carnot.

Pour copie conforme, signé : Albitte, Représentant du peuple (i).

La date de cet arrêté collectif doit être fausse à regard d' Albitte. S'il avait été réellement nommé le 9 nivôse, aurait-il attendu jusqu'au 28 pour se rendre à son poste ? Gouly aurait-il ignoré jusqu'au 26 qu'il était remplacé ? La preuve qu'il ne le fut pas à la date du 9, c'est que le Comité de salut public, selon sa remarque, lui donna des ordres le 14; c'est que le député Deydier, dans ses lettres du 17 et du 18 à Févelas et au maire Albant (voir p. 282 ci-dessus) ne faisait aucune allusion à son rappel.

Que se passa-t-il ? Le Comité de salut public, retenu par les premières dénonciations lancées contre Gouly, laissa-t-il en blanc le nom du com-

(i I Copie destinée au président du tribunal criminel. — C'« D. C; document se trouve aussi sur le registre municipal.de Bourg,

missaire de TAin sur Tarrêté collectif? Ou, néanmoins inscrivit-il celui de Gouly, et l'expédition qui lui était destinée fut-elle interceptée à la poste ? Le fait est que Gouly ne reçut aucun avis et que le Comité de salut public put sans obstacle le remplacer par Albitte ; ce qui s'effectua pendant le séjour d'Albant à Commune-Affranchie, et à rinstigation des représentants qui s^y trouvaient.

Gouly ne douta pas que sa disgrâce ne fût Fœuvre occulte d^ Albitte et de ses collègues. Telle fut aussi l'opinion exprimée plus tard par la société populaire de Bourg [Tableau analytique.... du 4 vendémiaire an III, déjà cité) ; voici ce qu'on lit, page 17, sur l'intrigue qui livra notre pays à l'odieux Albitte : I

La mesure prise par Gouly (détention de Blanq-Desisles, Rollet-Marat et Convers) réveille tous les auxiliaires des nouveaux incarcérés ; ils relèvent audacieusement leurs têtes criminelles, et semblables à une horde de brigands, à qui le signal est donné, ils sont bientôt réunis pour venir à tout prix au secours de leurs chefs. Ceux-ci parviennent à communiquer avec tous leurs suppôts ; leur chambre ne devoit être accessible à personne, mais elle devient un lieu continuel de scandaleuses orgies, au milieu desquelles ils se concertent, avec leurs adhérens sur les moyens les plus prompts de se débarrasser d'ur représentant qui doit bientôt percer le voile de leur con duite liberticide. Chacun donne son avis ; quelques-un

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