TOMB IV
envoyée contre moi aux Jacobins depuis le 20 nivôse, je vais démontrer la fausseté de son contenu
Pour avoir, ainsi que l'ordonnoit le décret du 14 frimaire, supprimé la commission populaire, établie sur la demande de Desisles, Juvanon et adhérens, et avoir renvoyé l'armée révolutionnaire, je suis accusé d'avoir, par un abus inconcevable de ma mission, imprimé un mouvement rétrograde à l'esprit public : aux yeux des intrigants, faire exécuter les lois qui répriment leurs passions et bornent leurs pouvoirs, c'est être un contre-révolutionnaire, etc.
Ces vrais Sans-Culottes, amis de la liberté, contre lesquels je ne devois pas, sans crime, recevoir des dénonciations, ces patriotes incarcérés par mes ordres, sont : Blanq-Desisles^ Convers, Rollet-Marat, Torombert, André Masse, Peysson^ ex-chanoine. Carrier et Bonnet. Sous l'ancien régime tous ces hommes prétendoient à être distingués du peuple ; ils opprimoient et méprisoient, en raison de l'état qu'ils exerçoient, ce que l'on appeloit alors des paysans et des hommes à tabliers ; cette assertion est de notoriété publique ; ils ont fait ensuite abjuration de ces principes, et ont voulu paroître aimer le peuple, pour le peuple ! Qui croira à une telle conversion ?
Si j'ai suspendu l'exécution de quelques-uns des arrêtés, pris par mon prédécesseur avant le décret sur le gouvernement révolutionnaire, que j'étois spécialement chargé j d'organiser, c'est qu'ils ne se trouvoient pas absolument conformes à l'esprit de ce décret; je ne les ai suspendus, au surplus, que sur des ordres écrits du Comité de salut public. Tous mes arrêtés prouvent l'imposture et l'audace des rédacteurs de cette adresse. Comment de tels hommes, qui ont signé au mois de juin un acte des plus contrerévolutionnaires, des plus insultans pour la Convention, osent-ils appeler la vengeance nationale sur l'homme pur,