‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 221 sur 291 · CHAPITRE III. 38l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 38l

ypographique formant un contre-sens [mêcomioire pour recotinoitre'], le déclarant était obligé de lire la rectification 'i).

En citant cette formule dans ses notes manusrites, M. de Lateyssonnière l'accompagne de la éflexion suivante : « Il faut lire et copier de lareilles infamies pour croire qu'elles ont existé. »

Le chanoine Cattin raconte que l'abbé Grumet, dministrateur de l'Ain, passa pour le rédacteur ,e cette formule, et, après Tavoir citée, p. 38o, il joute :

Est-il possible d'imaginer un acte plus explicite, plus rmel et plus énergique d'apostasie de la religion et des •dres sacrés, tout à la fois ? Un prêtre seul, mais un prêe inspiré par les furies de l'enfer pouvait l'imaginer. Albitte lui-même en fut indigné. « Signerais-tu cela? » dit le représentant. — « Oui, » répondit froidement •umet. Il espérait être rendu à la liberté pour prix de sa >nteuse scélératesse. — c Qu'on le reconduise en pri- ) dit Albitte en courroux.

Tout cela est invraisemblable ; Tabbé Grumet diqua en prison (voir le ch. vi de la XIIP Époe) ; il faut laisser à notre Dioclétien l'entière res- )nsabilité de son infernal modèle d'abjuration. Dens son essai d'anéantissement de la religion tholique, Albitte fut supérieurement secondé par

;) Acte d'abdication d'un religieux bernardin. Feuillet in-4«. —

l'agent national du district, ennemi déclaré des ministres du culte. A peine libre et réintégré, Rollet-Marat s'était empressé de requérir le commandant de la gendarmerie d'arrêter et conduire dans les prisons de Bourg « les citoyens » Arnaud^ curé de Guet, Alliei^ curé de Coligny, Jacquemet, curé de Gonfrançon, Eloi Février, agent national de Simandre qui avait pris parti pour son curé (ch. V, XIV^ Époque) et Perret, curé de Grand- Gorent, dont nous avons mentionné (même chapitre] la courageuse prédication.

Dès que les arrêtés ci-dessus furent imprimés, il les envoya aux administrateurs des huit autres districts, à l'égard desquels il remplissait les anciennes fonctions de procureur-général-syndic, et leur écrivit ces mots :

Le représentant du peuple Albitte me charge de vous recommander d'apporter à l'exécution de ses arrêtés la plus grande célérité. La tranquillité de ce département, l'intérêt de la République l'exige impérieusement. Vou voudrez bien m'en accuser la réception, ainsi que d'une lettre du représentant Albitte que je joins à la présente.

Albitte put croire que l'Eglise allait périr, tant il enregistra d'abjurations. Mais n'anticipons pas.

Le proconsul ne se contenta pas, le 8 pluviôse, de persécuter le clergé ; ^ce jour-là, reprenant

Page 1