CHAPITRE III
'idée de Javogues, il s''acquit un nouveau titre à a malédiction de notre pays en ordonnant la lémolition des châteaux. Ces pittoresques édifices, ours, donjons, tourelles, créneaux, mâchicoulis, [uc l'art du moyen-âge avait semés dans nos villes :t nos campagnes, rappelaient à ses yeux la féolalité; ce qui était un grand crime. Il avait lapréention, le vandale que d'autres ont encore aujourd'hui), d'effacer tout le passé historique de France. Nous donnons cet arrêté de destrucon, comme ceux qui précèdent, sans omettre un ot des perfides et injurieux considérants, où le ien du peuple sert de prétexte aux violences les lus iniques.
Liberté, Égalité.
Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
LBITTE, Représentant du peuple, envoyé pour l'exécution des mesures de salut public et l'établissement du gouvernement révolutionnaire dans les départemens de l'Ain et du Mont-Blanc.
Considérant qu'un des moyens les plus puissans qu'ema pour assurer l'asservissement et l'humiliation du uple l'horrible féodalité, fut de se mettre à l'abri de sa te fureur en se retranchant dans des retraites de difficile :ès, et en se construisant des remparts, du haut desels elle pût repousser ses esclaves s'ils venoient à se eiLer de leur funeste assoupissement ; Zocsidérant que ces repaires furent, de tout temps en inc;, le principal soutien des guerres civiles qui la déso"
lèrent tant de fois, et que tout récemment encore les châteaux-forts ont servi de refuge, de point d'appui et de ralliement aux fanatiques, aux fédéralistes et aux rebelles;
Considérant que ces nids à tyrans ont entretenu depuis le commencement de la Révolution les troubles intérieurs et les guerres intestines qui ont déchiré la République, soit dans la Lozère et les Cévennes, soit sur les rives du Rhône et de la Saône et dans les départemens du midi, soit dans la Vendée et les départemens de l'ouest ;
Considérant enfin que l'existence trop longtemps soufferte de ces odieux vestiges de la féodalité déshonore le pays d'un peuple libre, qu'ils retracent sans cesse l'image exécrable de son ancienne servitude, qu'ils nuisent à sa tranquillité, rappellent des souvenirs coupables, et raniment les espérances plus coupables encore des aristocrates, des contre-révolutionnaires et des émigrés ;
Arrête ce qui suit :
Art. ler. — Tous les châteaux-forts et forteresses de guerre existans dans les départemens de l'Ain et du Mont- Blanc (autres que ceux employés par la République, pour la défense de ses frontières et comptés parmi les places de différentes lignes et postes militaires,) toutes les tours et tourelles y attenantes ou isolées, les murs à créneaux, à meurtrières et à canardières, les portes défendues par des tours, mâchicouUs, les ponts-levis et toutes autres fortifications des dits châteaux, seront abattues et démolies sans délai, et leurs fossés comblés.
Art. II. — Seront également abattues et démolies les tours, portes, pont-levis et autres fortifications des communes non exceptées dans le premier article. Les démolitions seront faites avec autant d'ordre, d'activité que de surveillance et de zèle pour les intérêts de la République.