‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 242 sur 291 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Considérant que la loy concernant les gens suspects est impe'rative à son égard, et que d'ailleurs il n'a jamais donné aucune preuve de civisme qui puisse le faire regarder comme bon citoyen ;

Le Comité arrête à l'unanimité qu'à la diligence du commandant de la garde nationale de cette commune, le dit Seyturier sera sur-le-champ mis en état d'arrestation et traduit en la maison d'arrêt pour y rester jusqu'à ce qu'autrement soit ordonné par qui de droit (i).

Dans sa toute-puissance tyrannique, le Phalaris de l'Ain poussa la persécution jusqu'à obliger les absents à rentrer chez eux, dans le délai de quinze jours, sous peine d'être traités comme suspects, c'est-à-dire mis en prison et de voir leurs biens séquestrés. Il faut lire les détails de l'arrêté ci-après du i5 pluviôse, pour apprécier l'affreux régime établi par ce satrape et ses acolytes, pour se faire une idée de la haine jalouse des Sans- Culottes contre les rangs élevés de la société. Le génie du mal a seul pu dicter tant d'arguments fallacieux et d'inquisitions vexatoires.

Égalité. Liberté.

Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.

ALBITTE, Représentant du peuple, etc.

Considérant qu'un des plus perfides et des plus funestes obstacles apportés aux progrès de la révolution par les

( :) Second registre du Comité de surveillance de Bourg. — Archives DE l'Ain.

aristocrates, les modérés, les égoïstes et généralement par tous les ennemis déclarés de la liberté et de l'égalité, afin de dégoûter le peuple de son sublime ouvrage et le fatiguer dans ses constans efforts, a été de lui faire craindre sans cesse, de lui faire même éprouver, à différentes époques, les horreurs de la disette et de chercher à NATU- RALISER LE MALHEUR ET LA MISÈRE (i) par l'accaparement, le resserrement et le renchérissement des grains, des comestibles et autres objets de première nécessité;

Considérant que pour ARRACHER L'INDIGENT A L'AMOUR DE LA PATRIE, et lui enlever la noble ressource de son industrie et de ses bras, des hommes indignes de ce nom ont pu, depuis cinq ans entiers, se faire une horrible jouissance de l'inertie où ils ont réduit le pauvre, soit en diminuant et en détériorant la masse des productions premières et industrielles de la nation, soit EN ÉTRANGLANT LA CIRCULATION DE LEURS INJUSTES RICHESSES, et en dérobant ainsi à leurs concitoyens le SUPERFLU d'une abondance dont ils ne sont véritablement que LES DÉPOSITAIRES ET LES ÉCONOMES;

Considérant enfin que ces êtres irrévolutionnaires n'ont en outre abandonné les communes ci-devant villes que pour semer et propager dans les campagnes l'erreur, la crainte et les calomnies anti-républicaines, alimenter les préjugés, le fanatisme et les troubles, dérober dans des retraites obscures à la vengeance nationale des émigrés, des réfractaires, des conspirateurs et des traîtres, et^ SOUSTRAIRE LEUR FORTUNE ET LEURS INDI- VIDUS aux besoins, aux charges, aux travaux et aux dangers de la patrie ; (i) Les italiques et les grandes capitales sont dans le texte d'Albitte.

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