CHAPITRE VII
Temière édition de son Supplément au compteendu^ à laquelle nous avons fait plusieurs emrunts.
Le 2 1 pluviôse, ce fut le député Anthelme Fei^atïd, père de Fauteur de Traître ou héros^ qui at en butte aux attaques de la Société. On se souient que M. Ferrand avait remplacé au mois .'août 1793, en qualité de suppléant, le député lollet, démissionnaire. M. Ferrand, homme moéré, devait offusquer les ultra-patriotes. C'est ncore Juvanon qui joua le principal rôle dans ette nouvelle dénonciation.
Le citoyen Juvanon, lit-on sur le registre, fait un raport sur Ferrand, député de ce département à la Convenon, et propose le projet d'arrêté suivant :
La société, ayant entendu le rapport des commissaires u'elie a nommés pour vérifier tous les faits à imputer au itoyen Ferrand, député de ce département à la Convenon nationale, qui a remplacé Mollet, démissionnaire, au lois d'août dernier, arrête qu'il est constant :
10 Que Ferrand, comme député du canton d'Ambérieu
l'assemblée départementale, convoquée par l'adminis- •ation du département, a participé à toutes les délibéraons fédéralistes ou liberticides prises en la dite assemblée epuis le 3 au 1 3 juillet dernier.
2° Que Ferrand est d'autant moins excusable qu'étant ige du tribunal, il aurait pu refuser la députation à iquelle il était nommé, pour rester à son poste.
3'^ Que Ferrand dans l'assemblée du canton d'Ambérieu, )rs de l'acceptation de la Constitution, a contribué à faire
émettre par la dite assemblée un vœu portant que la Con vention, ne pouvant plus faire de bien, devait appeler su le champ une législature pour la remplacer.
4° Que Ferrand a été porteur à Paris du procès-verba de la dite assemblée contre la loy qui défendait d'envoyé des fonctionnaires publics.
5° Que Ferrand, d'après tous ces faits et beaucoup d'au très tirés de sa conduite particulière et sa correspondance ne peut avoir et n'a effectivement jamais eu rénergi( révolutionnaire qui convient à un Représentant du peuple
En conséquence, arrête que Ferrand luy paraît êtn dans le cas de la loy du 23 vendémiaire dernier,'qui exclu de la Convention tous les suppléants qui auraient prii part à des mesures fédéralistes; qu'extrait du présen arrêté sera adressé à la Convention nationale, au Représentant du peuple Albitte et à la Société des Jacobins i Paris.
Dans leur haine insensée contre Tancien régime, les Jacobins auraient voulu supprimer jusqu'aux mots de la langue française qui le rappelaient. La municipalité de Bourg donna, le 22 pluviôse, ue curieux exemple de cette ridicule intolérance, que du reste la troisième République ne pratique pas avec moins d'ardeur.
Le fait qui motiva la colère de nos municipaux se rapporte au comédien Jouffroy dont nous avons déjà parlé, ch. iv de la XIIP Époque (i). On ne nous croirait peut-être pas si nous énon-
(i) Il est nommé Geojfray dans les arrêtés des 18 et 22 brumaire.