CHAPITRE VH
ions simplement cette niaiserie républicaine; il lut la lire dans le texte même de la délibération u 22 pluviôse an II :
Les citoyens Albant, maire, et Frilet, officier municipal, nt observé que les citoyens Vauquoy et Bonnerot, adjoints
1 Représentant Albitte, et membres de la commission smporaire de Commune-Affranchie, venoient de leur éclarer que le citoyen Jouffroy, directeur de la Comédie, étoit permis de jouer une pièce aujourd'hui, où les mots
2 Princesse et Reine avoient été répétés plusieurs fois et ne de pareilles pièces étant dans le cas d'influer sur les iprits foibles et faire mal augurer du patriotisme des toyens de la commune, il est urgent de faire partir (dit Jouffroy avec sa troupe; ils ont en conséquence Dpuyé cette demande de la part des citoyens Vauquoy et ioniierot.
Sur quoi le Conseil, considérant que d'après plusieurs proches à lui faits contre le citoyen Jouffroy, il a pris usieurs arrêtés qui lui ordonnoient de rendre les clefs
la salle des spectacles et de quitter la commune ; Considérant qu'il n'en a exécuté aucun ; Considérant encore qu'il n'a jamais donné des preuves ithentiques de son civisme ;
Considérant en outre que depuis dix-huit mois qu'il ibite cette commune, il ne s'est occupé que de donner :s pièces qui ne peuvent inspirer que de mauvais senti ents, et qu'il n'en a montré aucun patriotique, ce qui it présumer son peu d'attachement et de zèle pour la ^publique ;
Ar -ête, ouï l'agent national de la commune : Art. I*"-, — Le citoyen Jouffroy cessera, à compter de
joir, de jouer aucune pièce dans cette commune.
Art. II. — Il rendra sur-le-champ les clefs de la sali des spectacles et quittera ainsi que sa troupe cette com mune dans les quarante-huit heures à dater d'aujourd'hui à peine d'être incarcéré comme suspect.
Le directeur, ainsi menacé pour la troisièmi fois, était sans doute un homme fort habile ou si sentait soutenu par le public, ce qui indiquerait par parenthèse, que parmi les spectateurs il s( trouvait bon nombre de citoyens auxquels les mot: de princesse et de r^eine n'étaient pas antipathiques. Quoi qu'il en soit, deux jours après, la municipalité, prévenue par son agent national Blanq Desisles, qu'Albitte « n'était point d'avis que pai rapport au mot de princesse qui fut prononc( par un acteur sans mauvaise intention, l'on força le directeur à quitter cette commune, w rapporte son troisième arrêté d'expulsion, et permit « au citoyen Jouffroy et à sa troupe de Jouer la comédie jusqu'à nouvel ordre. )>
Depuis son retour de l'Assemblée législative, Thomas Riboud vivait à l'écart et presque toujours dans sa campagne de Jasseron. Le Comité de surveillance et la Société populaire paraissaien l'avoir oublié. Mais sous Albitte, la loi des suspects n'épargna personne. Les Terroristes touchaient à la réalisation de leurs rêves : supprime!