‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 267 sur 291 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ne suis rendu à Jasseron ; la municipalité a été appelée ; )rocès-verbal a été dressé, les scellés apposés sur l'armoire le mon cabinet et le reste inventorié et séquestré.

Duclos est reparti seul ; j'ai été confié à la municipalité, ;t je me suis rendu seul avec Petit, cordonnier (1), aux iaintes-Claires de Bourg, où je suis arrivé à huit heures.

Le lendemain, 23, Duclos est venu m'écrouer aux Claistes.

Voici récrou que Duclos data de la veille comme 'il avait conduit lui-même son prisonnier :

Je soussigné, en vertu des ordres qui m'ont été donnés lar la réqijïsition du citoyen RoUet, agent national, en ate du 22 du présent mois, déclare que j'ai mis en état 'arrestation le citoyen Riboud, ex-législateur, et que je ai 3ur-le-cham.p conduit aux ci-devant Saintes-Claires de 5ourg, où je l'ai laissé sous la garde et surveillance du itoyen Burtin, concierge delà dite maison.

Bourg, le dit jour, 22 pluviôse, l'an 2 de la République •ançaise, une, indivisible et démocratique. ;' Duclos. Burtin.

Reprenons la note de Thomas Riboud, quoiu'elle nous conduise au-delà du «temps que nous tudions ; il est inutile de scinder le peu qu'il a cri: sur sa captivité :

Je ne donnerai aucun détail, ajoute-t-il, sur la maison es Clarisîes et son régime. Je n'ai eu personnellement à

(i) Nous avons connu ce brave homme dans notre enfance. Il habitait i bas du village une petite maison dont la porte s'ouvrait au matin entre route et un banc de pierre, en face d'un jardinet. Chaque fois que nous issicns là, notre aïeule lui adressait quelques bonnes paroles, en sousnir de service rendu à Thomas Riboud.

me plaindre de qui que ce-soit. Je ne m'y suis mêlé de rien, et y ai vécu avec la philosophie qui convenait à une âme tranquille. Les seuls sentiments qui se soient élevés douloureusement dans mon cœur, étaient pour ma famille et mes enfants.

Je ne décris pas non plus les faits dont j'ai pu être témoin : les sollicitudes, peines et position de mes camarades, les démarches que j'ai faites, les mémoires, pièces que j'ai présentés pour ma liberté. Cet historique n'est pas nécessaire dans cette note. Je me borne à relater qu'après une foule de démarches, ma femme est allée dans le Mont-Blanc pour parler au Représentant Albitte, qu'elle est partie le i" floréal ou 20 avril, qu'elle a parcouru le Mont-Blanc et qu'au moment où Albitte allait prononcer probablement en ma faveur, ses pouvoirs ont cessé pour passer aux mains de Méaulle. Ce voyage a duré 19 jours et a coûté 5oo livres.

Je suis resté aux Claristes jusqu'au i^"" prairial (20 mai ; étant tombé malade, j'ai été mis en liberté provisoire ledit jour, et je me suis tenu dans mon appartement de Bourg jusqu'au 27 prairial.

Je ne parle point des causes qui ont pu donner lieu à mon arrestation ; je suis encore à les connaître. J'ai vu seulement par les .notes données en floréal, c'est-à-dire trois mois après, par le Comité de surveillance de Bourg, que j'ai été incarcéré comme suspect. Il n'existe pourtant ni dénonciation ni imputation d'aucun fait contre moi. Je ne sais comment l'on a pu motiver la suspicion.

Ce 26 prairial, d'après un certificat des citoyens Vermandois et Chambard, chirurgiens, la municipalité de Bourg et le district m'ont permis de retourner à Jasseron jusqu'à mon entier rétablissement.

Le 28 thermidor, le représentant Boisset a rendu un

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