‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 268 sur 291 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

•rèté définitif qui me rend ma liberté entière. Il y est dit ne je ne suis dans aucun des cas prévus par la loi du 17 îptembre ; que l'on ne m'impute aucun fait opposé à la îvolution ; que je l'ai servie avec zèle dès son principe, :c, ! i). Les scellés ont été levés à Bourg le 29 thermidor : à Jasseron le 3 fructidor.

Ainsi a fini une captivité dont 98 jours ont été passés en rison et 88 en liberté provisoire dans mon domicile à Bourg ou à Jasseron. Puisse l'avenir n'être plus marqué ir la persécution ! Le sacrifice de ma personne n'est en ; je ne crains d'être malheureux que pour ceux qui irtagent mes maux. Que de chagrins, de peines, d'ennuis, ; mauvais traitements n'a pas essuyés celle à qui mes îstinées sont communes ! Je n'ai souffert que parce u'eile souffrait : je n'ai pleuré que sur elle et mes ifants.

Dans les villages comme dans les villes, l'homme, ui par sa fortune ou son intelligence avait quelue supériorité sur ses concit03Tns, était naturelim^nt en butte à leurs jalouses délations. Un vre de raison, tenu par un simple menuisier du rrand-Abergement, Claude-Antoine Bellod, va ous fournir la preuve de cette assertion, en nous litiant à la cause futile de l'arrestation de cet rtisan. Les notes de Bellod sur sa captivité, sur ; dévouement de sa compagne, sur ses co-détenus 'Ambronay, sur les profanations religieuses et la

(i) Résumé fidèle des motifs de libération définitive: voir le Registre K a rêtés des représentants aux archives de l'Ain.

misère du temps, ont d'ailleurs le mérite d'expri' mer le sentiment d'un honnête homme du peupl( sur les choses de son temps. Il faut seulement lu passer l'incorrection du style et la forme irrégulière du récit : tantôt il parle de lui-même à la troi sième personne, comme César dans ses Commen taires, tantôt le naturel l'emporte et le ramène au woz, fort peu haïssable, quoi qu'en dise Pascal, lorsqu'il s'agit d'être clair.

La République fit une levée de juments le 26 octobn {1793), de six par canton; celle du pauvre citoyen Claude- Antoine Bellod fut choisie, qui n'avoit que celle-là poui travailler son terrain ; et, le même jour, il fut dénonce (pour s'être plaint) par le coquin de C, curé, et Bernard C, intrigant, par devant le comité de surveillance, qui le fit arrêter par la garde nationale et garder à vue chez lui pendant vingt-quatre heures ; et l'on mit les scellés sur ses papiers, l'accusant de correspondre avec les émigrés el d'avoir refusé des assignats.

Conduit de suite à Bourg par les gendarmes de Ruffieu, dans la voiture du brave Joseph Brunet, il entra à la maison de Sainte-Claire, maison d'arrêt, le i'^'^ novembre 1793, à quatre heures du soir, avec Marie-Thérèse Colliex, sa femme, qui en sortit le i5, mise en liberté par le Comité central. On l'avoit incarcérée à cause que son frère étoit prêtre et s'étoit déporté. Que de larmes cette pauvre femme répandit avec son pauvre mari, lorsqu'ils se quittèrent ! Son pauvre mari fut transféré à la maison d'arrêt d'Ambronay le 5 décembre, où il est resté jusqu'au 26 mars (6 germinal), premier vendredi de carême, qu'il reçut sa liberté...

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