CHAPITRE VII
issertnentés), il n'y en avoit pas d'autres, ont été traduits ans les maisons d'arrêt, où on les a fait abjurer. Sur 00 (i) dans le département, il ne s'en est trouvé que 26 ui ont été fermes dans leur religion, savoir : 1 5 dans la jaison d'arrêt d'Ambronay, 9 dans celle de Bourg et
dans celle de St-Rambert. Quel coup fatal à la pauvre îligion ! il y a de quoi faire frémir les rochers. Chose xécrable à voir : mettre à bas les clochers, renverser les utels, briser les vases sacrés, brûler les représentations es saints, déchirer les tableaux, fouler aux pieds les orements et les croix ; le tout fait par les chrétiens mêmes e chaque paroisse. Les barbares n'en ont jamais tant lit.
Quelle abominable tempête éclata au Grand-Abergelent le 18 décembre 1793 ! Une dizaine de brigands de la arcisse, qui firent tout le vacarme dans le courant de invier suivant, portoient le Christ sur les places publiues en lui jetant des pierres. Tous les bons chrétiens se îuvoient, n'osant paroître devant ces démons, crainte 'être dénoncés comme suspects et incarcérés comme 3ls.
Triste année d'une grande révolution, oîi le pauvre euple mouroit de faim, à cause des réquisitions et du laximum qui avoient mis bas le commerce du blé et des enrées ; où tout le monde crioit la misère et le manque 2s objets nécessaires à la vie ; où tout étoit d'une cherté torbitante : des juments de quatre ans, 2,000 livres, — 2S bœufs de trois ans, 1,200 livres, — des vachesdequa-
e ans, de 4 et 5oo livres, — des souliers d'enfant,
livres, — des souliers de femme. 1 5 et 20 livres, — des
(i) îrreur. Les listes d'Albitte portent 36i abjurations (voir ci-dessu5 41;!.
souliers d'homme, 3o livres, — et les semences de blondéi (méteil), i5 et 20 livres le bichet (i).
Le pauvre peuple fut lapidé cette année-là par les réqui sitions. Au mois de juin 1794, l'on mena deux voiturei de paille et de foin à Seyssel et soixante quintaux d'avoine au mois de juillet on mena aussy plusieurs voiture! d'avoine à Grenoble. Le 8 septembre suivant, toutes lei communes furent requises pour aller couper deux mill( arbres de marine, bois sapins, dans les forêts de Meyriat ; h contingent étoit d'un arbre par homme à couper et approprier (dépouiller des branches et de l'écorce). Il fut requii vingt paires de gros bœufs dans chaque commune pour le! démontagner et les conduire sur le port de Neuville ; on en avoit déjà amené quinze par commune le 18 août ; celU du Grand-Abergement en fut pour 1,600 livres aux voituriers de Chevillard qui menèrent son contingent. Jugej que le pauvre peuple étoit tourmenté, sans compter i8oc livres qu'il fallut encore payer au citoyen Ambroise Viviand qui eut l'adjudication du chemyi vicinal du Grand Abergement aux Préoux (2).
(i) Le bichet du Grand-Abergement contenait 26 litres 64 centilitres^ d'après Y Instruction sur les mesures républicaines, par M. F. Clerc, Bourg, Dufour-Josserand, an VIII, 140 p. in-8. — Ph. L.D. ]
(2) Livre de raison de Claude-Antoine Bellod, manuscrit in-4'', comJ rauniqué par M. Vuitton, notre obligeant confrère à la Société littéraiii et historique de l'Ain. 1