‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 271 sur 291 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ttre d'Albitte aux Jacobins de Commune-Affranchie . Conciliabule de la nuit du 23 au 24 pluviôse an II, liste de proscription ; noms des j8 proscrits envoyés à Lyon le 24. — Notices envoyées aux juges comme icte d'accusation. — Les j8 proscrits arrivent à Lyon le sb et sont 'ugis le 26 ; détails inédits. Quinze sont condamnés à mort et supplices le même jour ; reproduction complète du jugement. — Incidents du iupplice : mot de M. Vuy, lutte de M. de Meillonas avec le bourreau, zdieux touchants de M. Balleydier et de sa fiancée. MM. Varenne de Fenille et Populus. — Les six proscrits du 3o nivôse; M. Duhamel •.onJamné à mort; erreurs d'un écrivain. Formule d'un jugement d'acquittement. — Nombre des habitants ou natifs de l'Ain qui ont péri à Lyon. — Note sur M. Mortier, exécuté le 16 pluviôse; son petit-fils M. Ijowis Mortier. — Intérêt que présentera le cinquième volume.

Albitte logeait à Bourg sur la place Marat 'lace d'Armes dans Thôtel de Bohan, dont Télémte façade regarde Téglise de Notre-Dame (i;. e jeune proconsul vivait là comme un sybarite, itouré de sa cour de patriotes et de républicains. Les veillées se passaient en conciliabules et 1 orgies. L'un de ses fidèles, l'accusateur Merle, :ri\ ant de Paris le 3o pluviôse à son ami Blanqesisles, terminait sa lettre par ces mots : Bien

i) 1 appartient aujourd'hui aux nièces de notre éditeur qui, lui-même, bite le second étage. An premier sont les salles du Cercle et au rez- -chaussée l'imprimerie Villefranche.

des choses aux citoyennes de notre Comité nocturne (i). Parmi celles-ci, brillait la belle Hurville, femme de Blanq-Desisles, qui représentait la Raison dans les fêtes décadaires. Albitte la trouvait, dit-on, fort à son goût.

Les plaisirs toutefois ne lui faisaient pas perdre de vue sa mission révolutionnaire. On voit dans sa lettre du 22 pluviôse aux Jacobins de Commune-Affranchie, qu'il était fier de ses mesures de persécution et qu'il en méditait de plus atroces.

Frères et amis,

Je vous envoie les diffe'rens arrêtés que j'ai pris depuis mon arrive'e dans ce département. Jetez les yeux, et vous verrez quels sont mes principes. Je me flatte que vous 5 trouverez les vôtres, et que vous pourrez dire : Albitte fait son devoir.

Je ne m'en tiens pas là, et je vous réponds que je vais porter des coups vigoureux aux ci-devant, aux hommes suspects, aux fripons de tous les genres : je vous instruirai incessamment de mes nouvelles mesures et de leurs succès, car j'y compte. Je suis aidé par des collaborateur: zélés, ardens, tels qu'il me les faut ; vous les connoissea tous, ils sont jacobins, entr'autres Dorfeuilles, Millet, Vauquoy, Bonnerot, Darasse et autres. Ils me secondent bien et poussent avec moi le char révolutionnaire. Avanthier nous avons célébré la décade avec simplicité, mais avec une dignité vraiment républicaine. L'esprit public s fait de tels progrès que soixante et dix prêtres ont abjura

(i) Compte-rendu de Gouly, 3' édition, p. 3o5.

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