CHAPITRE III
seroit nommé des commissaires qui se transporteroient chez tous les meuniers pour en lever les barteaiix fins (blutoirs^ et ne leur laisser que les gros. ))
Le surlendemain, i'^'" novembre, le Conseil entend la lecture d'un plan d'études, élaboré par les citoyens Gayet et Buget, pour le collège de Bourg. « Ce projet, dit le procès-verbal, a on ne peut plus satisfait les vues du conseil, et il a été arrêté qu'il serait consigné sur le registre et envoyé au district. »
Il est, en effet, transcrit sur le registre et remplit quatre ou cinq grandes pages de ses fautes d'orthographe. Les républicains d'alors, comme ceux d'aujourd'hui, voulaient façonner la jeunesse à leur guise. Les sciences, les arts, l'escrime, la gymnastique occupaient une large place dans leur programme avec l'histoire du peuple français et l'explication de la constitution et des droits de l'homme. Ils restreignaient l'étude du latin et négligeaient naturellement la religion. « Nous ne voulons, disaient-ils, plus de théologie, de sophisries religieux ni de fanatisme. Nous ne voulons que la religion telle que nous Tout enseignée les apôtres; simple, douce et consolante, et pour cela nous n'avons pas besoin d'apprendre à parler latin. »
5o TREIZIÈME ÉPOQUE.
Les Sans-Culottes saisissaient les papiers trouvés au domicile des détenus ou fugitifs ; cela se comprend : ils espéraient y découvrir des preuves d'incivisme. Mais pourquoi le Comité central de surveillance de Bourg fit-il main basse sur le portrait de M. Valentin du Plantier ? Le président, Blanq-Desisles, qui rend compte de cet exploit à la séance du 28 octobre, n'explique pas ce que la toile, représentant le courageux magistrat, pouvait avoir de séditieux.
A la même séance, le Comité arrête : 1° que le citoyen Aillaud-Lombard^ ci-devant commandant de la garde nationale, et le citoyen Montbarbon ne pourront sortir de Bourg jusqu'à nouvel ordre ; 2° que la citoyenne à' A iibarède et son mari garderaient de même les arrêts dans la ville, et seraient tenus de se présenter chaque décade à la municipalité; 3° que, sur le rapport du médecin Rollet. le citoyen Désiré^ chirurgien à Feillens, dénoncé par la société des Sans-Culottes de Bâgé, serait incarcéré par ordre du département pour « avoir dit en pleine auberge que tous les Sans-Culottes devraient être pendus, et avoir délivré de faux certificats de maladie. » Ce dernier, réclamé avec instance par les habitants de Feillens, est mis en liberté le 2 frimaire (22 novembre).
Le 29 octobre, le Comité renouvelle ses ordres pour r incarcération des suspects qui ne se sont