CHAPITRE III
contre le curé de Bâgé-la-Ville, portant que le curé détourne les citoyens d'aller à la messe des prêtres assermentés, dit hautement qu'il ne connoît pas l'évêque du département pour son légitime supérieur, qu'il s'étoit opposé à ce que les citoyens de Bàgé fissent la fête du 10 août et à ce que les grenadiers requis s'assemblassent pour la formation d'un bataillon, et enfin qu'il a été complice de l'arrachement de l'arbre de la liberté qui s'est fait sous ses yeux et le bonnet foulé aux pieds : »
Le directoire de l'Ain décide « que le curé de Bâgé-la-Ville sera mis en état d'arrestation et détenu provisoirement dans la maison des cydevant Claristes de Bourg (1). 3)
Le 2 novembre, « arrestation à Bény de cinq femmes, maîtresse d'école, tailleuse, etc. On les conduisit à Bourg, aux Saintes-Claires (2 . Douze autres habitants de Bény, incarcérés à Bourg le 0 novembre, furent renvoyés le 24 à Bény pour y être en prison dans la maison de la veuve Perdrix, marchande audit lieu. » Ainsi, la tyrannie révolutionnaire s'exerçait jusque dans les villages.
Les Girondins, nous l'avons dit tout à l'heure, furent exécutés, le 3i octobre. Les Monta'gnards
(i; Registre du directoire de l'Ain.
(2; Manuscrit de M. de la Teyssonniire.
f)0 TREIZIÈME ÉPOQUE.
qui les avaient livrés ^u bourreau, qui s'étaient arrogé la souveraineté par ce crime, n'en furent pas moins portés aux nues. L'adulation ne manque jamais au pouvoir, quel qu'il soit. Dans notre pays, leur triomphe fut célébré par un mauvais Déranger de Montluel, nommé Magot, nom assorti à son talent. Nous allons en juger. Deux vers sont dépourvus de rime à tous les couplets de sa chanson, et un vers faux se trouve au dernier. Mais, comme les Sans-Culottes n'étaient pas difficiles en fait d'harmonie, cet hjmme civique fut chanté à tue-tête dans les cabarets et deux fois imprimé par les soins d'Albitte.
Les Montagnards
Ai^ nouveau.
Vivent les braves Montagnards, Ces soutiens de la République !
Pour maintenir la liberté Et défendre l'égalité, Ils ont de Brissot balayé la clique. Vivent les braves Montagnards 1 Ils ont sauvé la République.
Par ses liberticides coups Elle ébranloit la République, Lorsqu'en prison, par un beau soir.
Elle va loger sans espoir De perdre jamais la chose publique.
Vivent les braves Montagnards !
Ils ont sauvé la République.