Tome IV. i
Dès le 21 mars (voir x= Époque, chap. m), on procéda aux arrestations de suspects par ordre des proconsuls Amar et Merlino. Au premier moment, on se le rappelle, le peuple indigné fit lever les mandats d'arrêt lancés contre des citoyens qu'il était habitué à respecter. Mais la persécution reprit quelques jours après, avec plus d'intensité, par suite d'un nouvel arrêté des mêmes proconsuls (3 avril), et, depuis lors, la liberté des honnêtes gens fut constamment et plus ou moins compromise, suivant l'influence qu'exerçaient les Jacobins dans l'administration.
Le Directoire de l'Ain, dont nous avons pu suivre les délibérations du mois d'avril au mois de septembre, eut Journellement à statuer, nous l'avons déjà dit, sur des élargissements, des arrêts domiciliaires, des incarcérations; et les prisons n'étaient point vides lorsque la loi des suspects (17 septembre) réglementa la persécution et lui donna une nouvelle activité.
A cette époque, la Terreur entra dans une phase plus rigoureuse. Les Montagnards devenaient les maîtres. Le 3 octobre, ils décrétaient 44 Girondins d'accusation et 74 d'arrestation, non 1 compris 20 déjà déclarés traîtres à la patrie. Le 10, ils proclamaient le gouvernement révolutionnaire. Le II, deux de leurs collègues instituaient à Lyon un tribunal révolutionnaire. Le 16,