CHAPITRE IV
Société populaire de Montluel, sans-culoltisée par deux émissaires de Bourg- pour avoir défendu le procureur-syndic Segaud. Pieuses femmes de St-Etienne-du-Bois dépouillant la chapelle du Rosaire. — Les statues du château de Loriol. Arrestation du citoyen Chossat Montburon. Taxe ^Révolutionnaire sur « les riches égoïstes » autorisée par le représentant Petitjean. — Civisme et nationalité du citoyen Douglas. — Mort du duc d'Orléans. Anecdote. — Le Comité central de surveillance fait arrêter trente-neuf habitants de Marbo^. — La municipalité de Bourg expulse une troupe de coméditns. — Traits de civisme du Figaro de Trévoux. — Le culte de la Raison décrété le 20 brumaire (10 novembre) ; les religieuses chassées des écoles et des hôpitaux par le directoire de l'Ain. — Mort courageuse de Madame Roland; sa statue au salon de iSj8 ; sonnet de M. Fertiault.
Le citoyen Magot n'avait pas, à ce qu'il paraît, suffisamment converti la Société populaire de Montluel avec sa chanson des Moiitagîiards. Nous lisons, à la date du 5 novembre 1793, la note suivante dans le manuscrit de M. de la Teyssonnière : « B. et R.-M. furent nommés par la Société populaire de Bourg commissaires, pour réorganiser la Société populaire de Montluel qui allait mal, étant formée de fédéralistes, de royalistes et d'aristocrates. »
Le registre du directoire de F Ain, page 426, nois apprend que cette expédition coûta au département 414 livres, et que les personnages désignés
par des initiales étaient les citoyens Baron-Chalier et Rollet-Marat. M. de la Teyssonnière se servait souvent d'initiales parce qu'il écrivait en 1834, quarante ans seulement après 1793.
Un précieux document, acquis récemment par M. le comte Douglas, le registre de la Société populaire de Montluel, nous permet d'expliquer dans quelle circonstance cette société ne parut pas assez jacobine.
Le i^"" novembre lygS, le citoyen Albant, officier municipal de Bourg, se présente, sur les sept heures du soir, à la Société de Montluel, et dit qu'il est porteur d'un ordre du représentant du peuple pour l'arrestation de Jean-Paul Segaud, procureur-syndic du district,- qu'il a pris les plus grandes précautions pour le faire arrêter par la municipalité d'oia il vient, mais que des intrigants ont favorisé son évasion. Il engage la Société à fouiller la ville et les environs pour le découvrir. La Société semble entrer dans ses vues, et nom'me douze commissaires qui se mettent à la recherche du fugitif et ne le trouvent pas.
Deux jours après, un membre de la société expose que l'arrêté des représentants Couthon et Maignet porte « en substance que le citoyen Segaud est destitué de ses fonctions de procureur-syndic sur la proposition du Comité central établi à Bourg et l'attestation du citoyen Merle, accusa-