CHAPITRE V
Excitoient ces bons apôtres A se porter sur Paris, Vouloient arrêter les caisses, Expulser les Montagnards, Dirigeant contre eux sans cesse Et leurs coups et leurs poignards.
Par un monstre sanguinaire Marat fut assassiné ; Qui sont ceux qui l'ont fait faire > Nous l'avons tous deviné; Ce sont les féde'ralistes.
Les ennemis de l'Etat, Les insolens royalistes Qu'avoit démasqués Marat.
Pour honorer sa mémoire.
Nous voici tous réunis :
Cette fête est à sa gloire, Sans-Culottes, mes amis, Ornons son front de guirlandes, Marquons-lui notre retour; Que pour Marat nos offrandes Soient nos cœurs et notre amour.
Lepelletier, tu partages Et nos vœux et nos regrets; Tu fus en butte à la rage Des vils crapauds du Marais ; Ils t'arrachèrent la vie Par un horrible attentat ; Tu mourus pour la patrie Comme notre ami Marat.
Dans le lieu de nos séances.
Vos bustes qu'on va placer Tome IV.
gS TREIZIÈME ÉPOQUE.
Serviront par leurs présences Sans cesse à nous retracer Votre horreur pour les despotes Qui voudroient nous asservir ; Nous jurons en Sans-Culottes De vivre libre ou mourir.
Le cortège s'est rendu ensuite à l'église de Brou, où les tables étoient dressées, où chaque patriote avoit porté son dîner et où les pauvres avoient été invités comme premiers convives.
Là, les épanchemens fraternels : là, le président de la société a donné, au nom de tous, le baiser de Sans- Culotte à un député des sociétés voisines, à un vieillard, à une jeune fille et à un défenseur de la patrie.
Le citoyen Desisles a proposé de boire en mémoire de Marat, et l'a portée ainsi (i) :
Attention Prépare:^ les urnes, Verse:^ et comble^ les urnes, Aligne:^ les urnes,
Laisse:^ fumer l'encens en mémoire de Marat. Serre^ les urnes ^ Eleve:{-les à la grande voûte, Reporte:^-les au cceur, Approche^ de la tombe, Verse:^ des larmes, Epuise:^ vos pleurs, Alignement :
Repose^ l'urne sur le catafalque avec unité' et indivisibilité, en trois temps égaux.
(i) Par mépris pour le lieu saint, Desisles formule son toast à la ma nière des Francs-Maçons.