‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 59 sur 291 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Recueillez-vous, Sans-Culottes, et applaudisse:^ : Marat est heureux ; Marat, notre ami, est mort pour la patrie !

Le repas s'est passé avec ordre, avec joie et sans ivresse. Trois mille citoyens, tant de la ville que de la campagne, embellissoient cette fête.

Au premier signal, les tables ont été enlevées, et la musique et la danse ont succédé à la promenade civique et au festin. La nuit approchoit, le canon annonce le départ, et tous, en bon ordre, se sont rendus à la Société, 'où les bustes de Marat et Pelletier ont été placés aux cris de : Vive la République, vive la Montagne et vive à jamais les Sans-Culottes !

Bourg régénéré, chef-lieu du département de l'Ain, 20 brumaire, an 2 de la République une, indivisible et démocratique.

CONVERS, président, Bataillard, Macey, Doyen, secrétaires (1).

Trois profanations se succédèrent ainsi dans notre belle église de Brou, un banquet de Sans- Culottes, un toast maçonnique et des danses populaires. C'était préluder dignement au culte de la Raison décrété le même jour.

De la nuée de proconsuls que la Convention déchaîna sur notre pays, le plus fanatique, le plus sanguinaire fut Javogues, de la Loire (2). Il ne fit heureusement que de courtes apparitions dans

(i) Bourg, 1793, 12 p. in-8. — C"D.

(2) Il était de Feurs, et non de Bellegarde (Ain), comme l'indiqae le dictionnaire de Pierre Larousse.

lOO TREIZIÈME ÉPOQUE.

notre pays ; car il ne nous aurait pas mieux traités que ses compatriotes du Forez, qu'il livra impitoyablement aux tribunaux révolutionnaires de Feurs et de Ville- Affranchie. On citait une rue de Feurs où il n'avait pas laissé un seul chef de famille. « Javogues, dit M. Balleydier, n'avait qu'une pensée dans le cœur, qu'une parole sur les lèvres : du sang, du sang encore, toujours du sang (i). »

Tel est l'homme qni* honora de son estime deux patriotes de TAin et qui leur donna, par l'arrêté suivant du 1 1 novembre, des pouvoirs exceptionnels pour la persécution des suspects.

Les Représentans du peuple envoyés près l'armée des Alpes et dans divers départemens de la République ;

Informés que, dans le département de l'Ain, par une suite du fédéralisme qui avoit été ourdi avec les administrateurs du Jura et de Rhône-et-Loire, pour faire scission d'avec la République, et pour porter les atteintes les plus liberticides à la souveraineté du peuple (2) ; que dans tous les temps les nobles, les prêtres réfractaires ont travaillé, dans le département de l'Ain, les habitans des campagnes pour les engager à porter les armes contre leuf patrie et à méconnoître la Convention, le centre de l'indivisibilité et de l'unité de la République ;

Considérant qu'il importe de prendre des mesures sévères contre les ennemis de la chose publique, contre

(i) Hist. dupeuple de Lyon, t. II, p. 201.

(2) Membre de phrase qui n'est pas fini ; mauvaise rédaction.

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