CHAPITRE Vil. 14'i
suis accoutumé à lutter contre raristocratie, je m'en fais un plaisir ; envers les autres j'agirai par devoir.
On m'a dit qu'après la journée du 29 mai, tu avois fait dans la Société populaire la motion pour que j'en fusse supprimé et que tu fus appuyé par Barquet, principal du collège. C'est à toi que je demande si le fait est vrai. Je n'en conserverai aucun ressouvenir fâcheux ; j'en arguerai seulement que tu devois être moins précipité dans ta dénonciation.
Salut et fraternité.
Gauthier.
(Sans date, mais évidemment peu de jours après la précédente.) Gauthier à Alban,
Je reçois ta lettre et je me hâte d'y répondre. Je suis tout dévoué aux patriotes; ils ne doivent pas douter de mes sentiments ; ma conduite à leur égard s'est toujours soutenue.
Je crains, dans mon affection pour eux, qu'ils ne se compromettent. Lorsque je vois qu'ils outrepassent la loi, je les en avertis fraternellement, et lorsque je suis sûr qu'ils se trompent, je persiste. Je ne crains pas même que cette persévérance leur déplaise, parce que les bons citoyens en reviennent toujours aux principes et à la vérité.
Je suis bien aise que la motion faite contre moy après la journée du 29 mai vînt d'un prêtre ; il est notoire que plusieurs citoyens attachés au sacerdoce ont affecté un grand patriotisme pour conserver, sous une autre dénoir.ination, le crédit et l'autorité dont ils ont toujours été jaloux.
Celuy qui m'aura trompé sur le véritable auteur de la rr otion faite contre moy ne conservera aucun droit à mon
estime. Je rechercherai dans mes papiers la lettre qui contient cette dénonciation; mais je m'abstiendrai de la communiquer. Je t'ai dit que je continuerai à te rendre service. J'espère t'en convaincre sous peu de jours. Salut et fraternité.
Gauthier.
P. S. Je répondrai à Desisles par le premier courrier (i).
Le 14 frimaire an II (4 décembre 1793;, la Convention, sur la proposition de Billaud-Varenne, vota son décret organique du gom^evtiement i^évo^ liitionnaire^ deux mots fort surpris de se trouver accouplés, Tessence du gouvernement étant de prévenir les révolutions, et la révolution étant la négation de tout gouvernement.
Ce décret en 67 articles est une œuvre de tyrans soupçonneux et farouches, voulant asservir la France sous leur domination. Nous ne citerons ou analyserons que les articles caractéristiques et ceux modifiant l'administration départementale :
La Convention nationale est le centre unique de l'impulsion du gouvernement. — Tous les corps constitués et les fonctionnaires publics sont mis sous l'inspection immédiate du Comité de salut public pourries mesures de gouvernement et de salut public ; et, pour tout ce qui est relatif aux personnes et à la police générale et intérieure, cette Inspection appartient au Comité de sûreté générale de la
(i) Lettres autographes. — (>» D.