‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 93 sur 291 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Chères citoyennes et chers citoyens,

« Nous nous éloignons pour un instant de l'agitation « électorale pour venir nous reposer au milieu de ces « chers enfants, et c'est avec un plaisir toujours aussi vif a que nous assistons à ces fêtes si chères à la jeunesse.

<; Les prêtres ont soin d'aller chercher les enfants jus- « que dans les bras de leurs nourrices pour leur inoculer « le poison ; faisons comme eux : prenons les enfants, c mais pour leur inoculer le contre-poison.

« C'est dès leurs premières années que les prêtres les « saisissent pour les rendre ensuite gangrenés à leurs t familles. Pourquoi n'aurions- nous pas la faculté, nous « aussi, d'instruire nos enfants, de leur enseigner la libre « pensée, l'athéisme, à ce même âge où les prêtres les en- « lèvent pour fausser leurs jeunes idées et leur inculquer « les inepties du catholicisme.

i C'est avec joie que nous constatons, chaque jour, les a progrès de la libre-pensée. Poursuivez don: la noble « tâche que vous avez entreprise ; car en faisant appren- « dre à vos enfants les principes de l'honneur et les devoirs « du citoyen, vous en ferez de vraies mères de famille, des « hommes libres, des citoyens dignes de la Répu- « blique. »

Une salve d'applaudissements bien nourris accueille le discours de M. Rochefort....

Un citoyen paré de rubans rouges à toutes ses boutonnières se place à la tribune. Il se constitue pour la circonstance le diacre de M. Rochefort.

l^es marmots, ornés eux-mêmes de cocardes rouges, sont mis dans les bras de leurs nourrices. Le parrain et la marraine de chacun d'eux se placent auprès de leur filleul.

l60 TREIZIÈME ÉPOQUE.

Le citoyen aux rubans rouges prononce alors la phrase sacramentelle :

Le citoyen X... et la citoyenne Y... acceptent-ils d'adopter l'enfant des citoyens Z...? S'engagent-ils à lui servir de père et de mère au cas où ses parents naturels viendraient à lui manquer ?

Le parrain et la marraine répondent : Oui ! Vive la République !

Chaque marmot est porté dans les bras de M. Rochefort, qui le berce un instant et le baise au front...

C'est fait.... L'enfant est baptisé.... civilement (i).

(i) Le Salut public de Lyon du lo août i88i.

DU 5 DÉCEMBRE 1798 AU 18 JANVIER 1794 Javogues et Gouly.

Page 1