‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 98 sur 291 · CHAPITRE PREMIER. lG · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. lG

son intérêt et qu"il importe à raffermissement de la République de dévouer au plus profond oubli ces monumens de l'ostentation et de la vanité ; arrêtent ce qui suit :

Art. 1er. — Tous les châteaux-forts situés dans les départemens de Saône-et-Loire et de l'Ain, tous les châteaux de luxe qui existent dans les deux départemens, et dont la splendeur et la grande quantité de bâtimens annoncent la superfétation et l'inutilité, seront démolis ; on ne laissera subsister dans ces édifices que le simple nécessaire.

Art. II. — Tous les matériaux, toutes les démolitions en pierre seront distribués par les communes aux personnes les moins favorisées de la fortune, pour les aider à se construire des maisons.

Art. III. — Les frais de démolition seront supportés par les communes qui feront le répartement des matériaux aux Sans-Culottes, d'après une délibération approuvée par les administrateurs du district.

^Les articles IV, V et VI ne contiennent que des mesures réglementaires.)

Fait en commission, à Mâcon, le i6 frimaire an II de la République une et indivisible.

Le représentant du peuple, CLAUDE JAVOGUES (i).

Nous verrons plus tard ce qu'il advint de ces deux arrêtés. Contentons-nous pour le moment de dire, relativement au premier, que la Convention vota, le i8 frimaire, un de ces décrets hypocrites qui semblent donner satisfaction aux opprimés, tout en maintenant l'oppression. Elle proclama la

(î) Cet arrêté fut imprimé à Mâcon comme le précédent. Xous l'avons copié sur le manuscrit de M. de Lateyssonnière.

l66 QUATORZIÈME ÉPOQUE.

liberté des cultes dans un premier article ainsi conçu : « Toutes violences et mesures contraires à la liberté des cultes sont défendues. » Mais elle retira cette liberté dans un troisième article, en disant, au milieu d'une grande phrase, qu'elle n'entendait pas « improuver ce qui a été fait Jusqu'à ce jour en vertu des arrêtés des représentans du peuple, ni fournir à qui que ce soit le prétexte d'inquiéter le patriotisme et de ralentir l'essor de l'esprit public. »

Les démocrates sont toujours les mêmes : quand il s'agit de liberté, ils prodiguent le mot et gardent pour eux la chose.

Le maire Blanq-Desisles, qui tenait à conduire la Terreur à sa guise et à son profit, n'avait pas dissout sans irritation le Comité central de surveillance dont il était président, et sans doute il avait eu son arrière-pensée, lorsqu'à la dernière, séance (14 frimaire), il s'était fait déléguer avec Juvanon pour présenter à Javogues la liste des membres du nouveau Comité. Son but était de pousser Javogues aux mesures les plus violentes contre nos concitoyens. Un commissaire, investi de la piiissajice nationale^ pouvait tout se permettre, et, de plus, celui-ci avait à sa disposition l'armée révolutionnaire parisienne qu'il avait ramenée de Lyon.

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