‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 99 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dans sa Vie révolutionnaire^ écrite après le } thermidor, Blanq-Desisles prétend qu'il ne conlaissait pas Javogues et qu'il ne savait pas qu'il y mt à Mâcon une armée révolutionnaire.

Je n'ai point été, dit-il, chercher l'armée révolutionnaire i Mâcon. J'ai été envoyé avec Juvanon vers Javogues, lue nous ne connoissions pas, pour demander l'organisalion d'un comité de surveillance. J'ignorais qu'il y eût une rmée révolutionnaire à Mâcon, et l'on rrous dit que avogues étoit malade (i), et qu'il venoit demain à Bourg.

ous lui parlâmes cependant un instant le lendemain, uvanon, Convers, le gendarme et moi. Il nous confirma Dn arrivée, et nous nous en revînmes.... Quant à la ommission populaire, elle est idéale, il n'y en a jamais eu formée; et, sur la proposition qui en fut faite, je refu-

De ces diverses allégations ce qu'il faut retenir, est que Blanq-Desisles et Juvanon se rendirent à

(1) javogues était toujours dans le vin, » dit M. Debost. Louis-Marie Debost, avoué, puis greffier du tribunal criminel, fut tenu du 2 octobre 1793 au 5 avril 1794, et eut le bonheur de passer vant la commission révolutionnaire de Lyon sans y laisser sa tîte. Plu> de 25 ans après, et presque septuagénaire, il chargea de notes un rtaiii nombre de pièces manuscrites originales que nous avons sous les ux. Nous en ferons usage, mais avec réserve. Il écrivait de souvenir pai ouï-dire, et ses précieux commentaires ne sont pas toujours con- •mcï aux documents officiels et aux publications.

Pou: l'ivrognerie de Javogues, M. Debost est d'accord avec un imimé suivi de nombreuses signatures et avec un manuscrit anonyme r le.'iuel nous lisons :

Ja.ogues, avocat à Feurs, homme immoral, peu instruit, /jisanf vin un usage immodéré, montra dans son département la plus grande ocit;.i)Voir sur le caractère de Javogues le ch.V de la présente Époque. 2) Vie révolutionnaire de Blanq-Desisles, déjà citée au ch. III de la

Epoque.

Mâcon avec Gonvers, et qu'ils en revinrent, le 19 frimaire, précédant de quelques heures Javogues et 400 brigands de l'armée révolutionnaire. Tout le reste n'est que mensonge. Non seulement les notes de M. Debost et plusieurs imprimés assurent que Blanq-Desisles sollicita Javogues de venir purger le département des suspects ; mais il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner les circonstances de cette expédition, notamment le discours de l'excomédien préparant le pillage, et le discours de Javogues préparant la commission révolutionnaire. Tout cela était évidemment combiné, concerté à l'avance entre ces deux personnages et leur entrevue à Mâcon ne fut pas à'un instant. Le lecteur va, du reste, en juger lui-même.

Javogues fit son entrée à Bourg avec son escorte dans l'après-midi du 19 frimaire. Ses 400 mandrins s'arrêtèrent sur la place Marat et se groupèrent devant le monument de VAmi du peuple. Le maire Blanq-Desisles, ceint de son écharpe et entouré de sa cour, leur souhaita la bienvenue du haut du balcon de l'Hôtel-de- Ville et leur monta la tête non seulement contre les aristocrates, mais encore contre les patriotes modérés, parmi lesquels il classait sans doute Reverchon, Gauthier-des- Orcières et Deydier, pour avoir provoqué la dissolution du Gomité central de surveillance. Voici son discours, fort bien tourné d'ailleurs à son

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