CHAPITRE n. igi
qui se trouvaient sous les drapeaux. Or, dans son élan patriotique, le district de Bourg avait déjà envoyé à l'armée i334 volontaires, ce qui réduisit à 746 hommes son contingent fixé à 2080. On voit sur le tableau qui accompagne l'arrêté du district que dix-sept communes avaient atteint à l'avance leur contingent et que presque toutes celles-ci l'avaient dépassé. Ainsi, pour ne cit€r que les plus belliqueuses, Bohaz avait déjà fourni 8 hommes de plus que son compte, Chavanne 36, Simandre i3, et Priay 14.
Les administrateurs qui signèrent cet arrêté du district- furent MM. Reveî^ vice-président; Viiy, Perné, Battur^ Biiget, procureur-syndic et Rouycr secrétaire (i).
Le même jour, 7 mars, le Conseil général de la commune de Bourg tint une séance qualifiée de mémorable sur la marge du registre. Nous la transcrivons entièrement :
Du sept mars mil sept cent quatre-vingt-treize, an 2« de la République ;
Le Conseil général de la commune de Bourg, assemblé à l'heure ordinaire de ses séances et composé des citoyens Régnier^ maire ; Rollet, Carabasse, Duhamel^ Bonet^ Desbordes, Lefranc^ Convers, officiers municipaux (2) ,
(i) Arrêté du Directoire du district de Bourg, relatif à la levée de..... Bourg, 1793, 8 p. in-4*. — Ph. L.D.
^3) L« plus ardent officier municipal, Blanq « Desisles , manquait à cette séance.
192 IVIXIEME EPOQUE.
Rousseîet, Pochon, Albant, Duffour^ Gagneur^ Buget, Ainard, Jean Paul Chambre, Gadiollet, Curnillon^ homme de loi. Bottier, officier de santé, Curnillon^ tailleur de pierres, Aillaud, Bonet, Chambre-Bottier et Chaigneau^ notables, en présence du Procureur de la commune ;
Celui-cy a demandé au président d'ouvrir la séance.
Le citoyen Maire, après avoir annoncé qu'elle étoit ouverte, a dit au conseil et aux membres présents à l'assemblée, qu'il remettoit au citoyen Rollet, officiel municipal, pour en faire la lecture à haute voix, un écrit adressé au Conseil général, commençant par ces mots : « Les despotes coalisés menacent notre liberté »,et finissant par ceuxcy : « Enfin l'on verra que les privilèges sont vraiment abolis, et que nous sommes sous le règne de la liberté. » Cet écrit, où respire le plus pur patriotisme , a vivement ému l'Assemblée, et le silence qu'elle a observé pendant la lecture qui en a été faite atteste qu'elle a partagé les sentiments héroïques qui l'ont dicté (i).
A cet écrit a succédé une exhortation énergique faite par le président à tous les vrais républicains de se ranger sous les étendards de la liberté et de l'égalité. A peine la lecture en est achevée qu'une voix se fait entendre.
Le citoyen Cochet, homme de loy, annonce qu'il désire parler sur le même sujet. Après en avoir obtenu l'agrément, il lit un discours où les citoyens sont invités, par les moyens les plus puissants, à venir au secours de leurs frères d'armes, et principalement de ceux qui, en suite du décret qui ordonne une levée de 3oo,ooo hommes, se feront inscrire volontairement pour le contingent que doit fournir cette commune (2).
(i) On voit plus loin que l'abbé Loup, professeur au collège, était l'auteur de ce boniment patriotique.
(2) Taxée à 216 hommes, elle s'était fait iuscrire précédemment pour ' i63 et n'en devait plus que 53.