‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 109 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Un seul cri retentit alors dans la salle : celuy de la patrie. Les citoyens de l'Assemble'e s'empressent à l'envi de lui procurer des défenseurs, et, mesurant leurs largesses sur leur civisme, viennent déposer le tribut généreux de leur amour pour elle. Le pauvre, l'artisan ne se croient pas exempts de faire leurs offrandes ; ils trouvent qu'ils sont assez riches quand il faut soulager leurs frères qui leur font un rempart de leurs corps. En un mot, les dons patriotiques se multiplient et se succèdent si rapidement que les magistrats du peuple, chargés de les recevoir, ont à peine le temps de les inscrire, et sont agréablement forcés de prolonger leur séance {1].

Sur le désir, témoigné par tous les citoyens composant l'assemblée, que le Conseil fit une mention honorable sur ses registres du citoyen Régnier, maire, et de l'auteur des discours prononcés (2);

Le Conseil arrête qu'il vote des remerciements au citoyen Loup, instituteur au collège de Bourg et au citoyen Régnier, maire, pour les discours et exhortation par eux faits aux citoyens présents au Conseil de venir au secours des braves qui partiront incessamment pour consolider la Révolution ;

Que mention sera faite sur ses registres de l'offre du citoyen Legrand, d'imprimer gratuitement l'exhortation faite par le président et de la répandre avec profusion (3);

Que mention sera également faite du citoyen Lizier qui ?. ofifert de s'enrôler volontairement et qui a refusé une somme de 800 livres qui lui avoit été offerte par plusieurs citoyens réunis.

(i) Voilà de belles phrases, mais le chiffre des souscriptions eût mieux fait notre affaire.

(2) Lapsar du Scribe; il s'agit évidemment de l'auteur du discours lu pirle citoyen Rollet.

(3) Ce projet d'impression ne s'est pas réalisé, que nous sachions.

Plusievirs citoyens ayant observé qu'il seroit bon de faire une adresse aux citoyens qui ne peuvent défendre la patrie, en personne, pour les engager de la secourir par des sommes pécuniaires dont on gratifieroit ceux qui se présenteroient pour servir sous ses étendards ;

Le Conseil arrête, d'après le vœu manifesté par l'Assemblée, que les citoyens Rousselet, curé, Chambre, ex-procureur, Loup et Goyffon, fils, demeurent chargés de rédiger ladite adresse.

Il arrête pareillement que, demain 8, il y aura sur les 4 heures du soir en la salle de spectacle une assemblée sous le nom de société populaire, où tous les citoyens seront admis sans restriction et sans scrutin, laquelle assemblée sera présidée pendant la première quinzaine par le citoyen Régnier, maire, auquel il sera nommé un adjoint qui le remplacera en cas d'absence : que les membres du département et du district seront invités à se rendre à ladite assemblée ;

Que pareille invitation sera faite au citoyen Loup de faire trouver la jeunesse du collège, dont le patriotisme est reconnu ;

Arrête de plus, le Conseil, que pour perpétuer la mémoire de la réunion des citoyens qu'une diversité d'opinion sur la révolution avoit divisés, il sera planté un arbre appelé l'Arbre de la Fraternité ;

Arrête enfin qu'extrait du procès-verbal de la séance du 7 de ce mois sera imprimé et adressé au président de la Convention nationale et aux membres des différents districts du département (i).

Bourg, maison commune, les an et jour que dessus, séance publique.

(i) Nous n'avons pas trouvé trace de cette publication. Il est probable qu'elle fut négligée.

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