‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 145 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Tarmée des Alpes. Les Jacobins de Lyon s'étaient emparés de la municipalité comme ceux de Paris, et le directoire du département était aux Girondins. Les Jacobins suppléaient par Taudace à leur infériorité numérique. A leur tête était le président du tribunal du district, Tex-prêtre piémontais Chalier, qui ne rêvait que sang et carnage. Le serment qu'il exigea de Tarmée révolutionnaire donnera une idée suffisante de sa férocité :

Je jure de maintenir la liberté, l'égalité, l'unité et l'indivisibilité de la République, la sûreté des personnes et des propriétés ou de mourir en les défendant et d'exterminer tous les tyrans du monde et leurs suppôts qui sont désignés sous les noms d'aristocrates, de Feuillantins, de modérés, d'égoïstes, d'accapareurs, d'usuriers, d'agioteurs, et tous les inutiles citoyens de la caste sacerdotale, ennemie irrascible de la liberté, et protectrice du despotisme et de la tyrannie.

Les quatre représentants du peuple, dès le i 2 mai, convoquèrent pour le i3 les corps administratifs, et les tribunaux à la « maison commune, » et de cette réunion sortit l'arrêté incendiaire, daté du 14, demandant à la Convention un tribunal révolutionnaire et ordonnant la levée d'une armée révolutionnaire de 6400 hommes, un emprunt forcé de six millions sur les riches (i , l'expulsion

(i) Au lieu de 6 millions, ils en imposèreat 3o ou 40. Hcsmandatt impératifs, payables dans les 24 heures, taxaient une seule personne i

des étrangers, la formation d'un comité de salut public et la suppression des journaux royalistes ou girondins. Gauthier-des-Orcières et ses trois collègues signèrent les premiers au bas de cet arrêté en compagnie de Chalier et de soixante-huit autres gredins.

Le plan de Chalier, dit un historien, étoit encore plus vaste. Créé spécialement pour Lyon, il embrassoit la République entière : une dissolution complète du gouvernement devoit précéder un bannissement et un massacre universel : il ne laissoit vivre en France que les seuls membres des clubs

Un projet qui renversoit de fond en comble toute constitution et toute idée de gouvernement ; la concentration dans les mains des municipalités de toute l'autorité nationale ; l'abolition de toute justice civile ; le changement de la justice criminelle en un tribunal de sang, toujours terrible à l'innocence, jamais au crime ; un ostracisme universel, et d'innombrables arrêts de mort dictés arbitrairement par des municipalités ; en un mot, cette idée aussi insensée que féroce de détruire une nation tout entière ; tout ce plan, ouvrage monstrueux de la scélératesse en démence, ne doit-il pas soulever â jamais quiconque croit encore à la justice, à l'humanité, à l'ordre social ; ne doit-il pas faire frémir jusque dans leurs dernières fibres tous les cœurs que l'habitude du brigandage, de meurtre et des forfaits n'a pas endurcis ?

des sommes énormes, 25, 3o, 40, 5o, 60 et 100 mille francs. II faut lire dans YHistoire du peuple de Lyon, par M. Alphonse Balleydier (I, p. 178), avec quelle brutalité l'officier municipal Sautemouche exigeait à domicile le paiemenï des mandats.

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