‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 156 sur 275 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Chute des Girondins, journées du 3 1 mai, du /"• et du 2 juin ijgS, récit de M. de Loray. — Deux manifestations fédéralistes à Bourg, le 2 juin : d'une part, le Conseil général de l'Ain persiste dans son arrêté du 2 y mai et requiert l'adhésion de tous les départements ; d'autre part, la Société populaire de Bourg et divers citoyens reprochent coU' rageusement à la Convention ses divisions scandaleuses, et la menacent d'une nouvelle représentation nationale au centre de la France. — Trois documents de la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité de Belley : remontrances à la Convention , motion contre les papiers-terriers, oraison funèbre de Dampierre.

La chute des Girondins, qui amena bientôt le gouvernement révolutionnaire, doit être écrite avec quelques détails ; empruntons la plume exacte et rapide de M. Terrier de Loray •

Les Jacobins gagnaient chaque jour du terrain dans Paris, et s'étaient peu à peu rendus maîtres de tous les pouvoirs et de toutes les administrations. Exaltés par le triomphe de Marat, ils remplissaient les clubs, les sociétés populaires, les feuilles cyniques de leur parti, d'invectives menaçantes contre leurs ennemis. Marat, Hébert, Varlet, tous les orateurs et journalistes de la démagogie, parlaient sans cesse de la nécessité d'une grande mesure de salut public, consistant à expulser de la Convention les principaux membres de la Gironde, et ils organisaient

ostensiblement l'insurrection qui devait contraindre l'Assemble'e à se mutiler elle-même. Les conciliabules secrets, les rumeurs irritantes, les appels à l'émeute, tous les moyens employés naguère par les Girondins pour préparer et exécuter contre la monarchie le soulèvement du lo août, étaient maintenant mis en œuvre contre eux avec autant de perfidie et non moins de succès. Dans une réunion organisée à la mairie par la municipalité de Paris, on proposa, sans détour, d'enlever de leur domicile vingtdeux députés, de les conduire dans une maison d'un faubourg, et de les égorger en supposant des lettres, pour faire accroire qu'ils avaient émigré. Un des membres ayant voulu représenter qu'il ne convient pas d'assassiner, et qu'il vaux mieux faire punir par les tribunaux les ennemis du peuple, un violent tumulte s'éleva, et on chassa de l'assemblée le malencontreux orateur, coupable d'avoir émis un conseil si peu conforme aux doctrines révolutionnaires. Des difficultés d'exécution firent seules ajourner ce vaste projet d'assassinat, auquel tous les véritables Jacobins donnaient un assentiment sans réserve.

Les Girondins, instruits des complots formés contre eux, forcés pour la plupart de passer les nuits hors de leurs demeures et de s'armer pour se rendre au sein de la Convention, ne savaient à quel plan s'arrêter pour déjouer les trames de leurs adversaires. Conservant toujours leur influence parmi les représentants, ils pouvaient, par des mesures énergiques, casser les autorités municipales de Paris, et, en transportant le siège de I9 Convention à Bourges, ôter aux démagogues de la capitale l'avantage que leur donnait la présence d'une assemblée dont ils disposaient à leur gré par l'émeute. Ce parti extrême, le seul capable de les sauver et proposé par Guadet, parut exagéré à tous les membres timides de la Convention, et

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