‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 157 sur 275 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

on se borna à former une commission de douze députés, chargés de prendre toutes les mesures qu'exigeait la sûreté de la représentation nationale menacée, et de rechercher les auteurs des complots. Hébert et quelquesuns des meneurs les plus forcenés des Jacobins* furent arrêtés par les soins de cette commission.

Cet acte de rigueur, loin de mettre fin aux entreprises des Jacobins, ne fit qu'irriter leur fureur et augmenter l'effervescence qu'ils avaient réussi à allumer dans le sein de la population des faubourgs. On cria plus que jamais à la tyrannie et à l'arbitraire ; Marat redoubla de clameurs et d'imprécations contre l'Assemblée ; les clubs retentirent de motions furieuses ; enfin des députations insolentes, composées de démagogues, d'émeutiers et de femmes perdues, vinrent dans l'Assemblée réclamer la liberté d'Hébert et la suppression de la commission des douze, La Convention, flottant entre l'intérêt de sa dignité et de sa sécurité d'une part, et la crainte d'une insurrection de l'autre, hésitait dans ses résolutions, et, sous la pression de la démagogie, supportait dans les jours de calme les décrets adoptés aux jours de crise. Les orateurs de la Gironde, dans des discours pleins d'une énergie factice, essayaient de maintenir les droits de la représentation nationale opprimée, et se montraient prêts à mourir à leur poste, plutôt que de céder aux exigences de l'émeute. Mais, malgré ce langage, la Convention se voyait sans cesse contrainte de transiger avec les circonstances, et de compter avec le désordre, auquel elle ne pouvait opposer cu'une légalité impuissante en temps de révolution, et eu' elle avait elle-même trop de fois violée pour y trouver i.n asile efficace contre la violence des passions soulevées.

Enfin, les Jacobins, voulant frapper un grand coup et compter les exigences de la Convention, armèrent tous

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