CHAPITRE PREMIER. 2t
ments du lo août. Le Conseil général se réservait de délibérer le lendemain à ce sujet avec les Conseils généraux du district et de la commune de Bourg. Les trois corps administratifs étant donc réunis le 17, dans la salle des séances publiques du département, le Procureur-Général-Syndic (M. Gauthier-des-Orcières) porta ainsi la parole :
Messieurs,
Dans le grand événement dont la ville de Paris vient (d'offrir le spectacle terrible, l'Assemble'e nationale a fait un digne usage de la confiance publique dont elle est investie, pour calmer la juste colère du peuple et lui persuader de remettre le soin de sa vengeance au glaive de la loi{i).
Dans le calme des passions au milieu du tumulte des armes, elle a pris les mesures les plus sages pour empêcher que la commotion violente que la capitale éprouvoit, ne se fît sentir dans toutes les parties de l'empire (2).
Elle a évité avec prudence le reproche de s'emparer seule des rênes de l'Etat ou de les laisser flotter sans guidas ; et tandis que d'une main elle soutenoit un trône qu'il n'appartient qu'à la volonté nationale de renverser, de l'autre, elle assuroit au peuple français l'exercice de sa
(i) Suivant le système des révolutionnaires, le peuple avait raison, et Sf s victimes étaient les conspirateurs.
(2) xVilusion à l'Exposition des motifs d après lesquels l'A semblée hationale a proclamé la convocation d'une Convention nati.nale et pron incé la suspension du pouvoir exécutif dans les mains du roi.
Ce long manifeste rédige par Condorcet. tissu d'assertions fausses et Cilomiiieuses. est tojt entier dans YHist. de la Réf. de Bertrand de Mok- \ lie, t. u, p. i55.
22 HUITl-ÈME ÉPOQUE,
souveraineté, que de lâches esclaves du despotisme vouloient lui ravir (i).
Après ces belles phrases, le Procureur-Général- Syndic proposa de voter une adresse à l'Assemblée nationale. Les trois Conseils adoptèrent la suivante, indigne flagornerie qui va jusqu'à glorifier ces braves Français (les Marseillais) qui ont affronté mille morts pour achever la Révolution. Nous donnons cette pièce intégralement avec les noms de tous les moutons de Panurge qui Tont signée :
Adresse à l'Assemblée Nationale.