‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 15 sur 275 · CHAPITRE PREMIER. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. I

teur de la Gaiette de Paris, les historiens portent à plus de trois mille les insurgés morts le i o août. M. Mortimer-Ternaux, qui s'est livréà de patientes recherches sur ce point (t. II, p. 495', établit qu'il n'y eut guère que cent morts et soixante-quatre blessés, moitié parisiens et moitié fédérés.

A la fin de cette longue séance on Louis X^'I entendit prononcer sa déchéance, il fut conduit avec la famille royale dans quelques cellules du couvent des Feuillants. Le lendemain et le surlendemain, samedi et dimanche, il passa encore la journée dans la loge du Logographe et la nuit aux Feuillants. Le soir du samedi, le roi fut, à souper, servi pour la dernière fois, selon les règles de rétiquette, par six gentilshommes qui lui étaient dévoués. Le Luxembourg devait être affecté à la captivité de la famille royale ; mais on se défia des souterrains de ce palais ; et, par ordre de la municipalité à qui plein pouvoir fut donné à cet égard, par décret du 12, elle fut conduite, le lundi i3, à la tour du Temple. Cest là que Louis XVI, selon l'expression de M. Mortimer-Ternaux, subira un martyre de cinq longs mois, avant d'en recueillir la palme, le 21 janvier 1790.

Aujourd'hui que Ton est habitué à se procurer avec l'or et l'argent toutes les nécessités de la vie,

le numéraire est ce qu'il y a de plus précieux ; on répargne, on le cache, quand l'horizon politique se rembrunit. Anciennement, et surtout à Tépoque des assignats, c'était le blé que Ton ménageait, que Ton conservait comme la chose la plus précieuse.

Le premier effet du lo août sur notre province fut d'accentuer l'inquiétude générale et de hausser le prix des grains, malgré l'abondance de la récolte. Le Conseil général du département s'occupa de cette cherté croissante dans sa séance permanente du i6 août, et essaya de rassurer le public, en déclarant que les mesures les plus efficaces étaient prises pour arrêter l'exportation en Suisse et en Savoie, et qu'une loi contre les accapareurs serait demandée à l'Assemblée nationale.

On lit dans le préambule de l'arrêté :

Qu'au moment où l'abondance de la récolte promettait un prix mode'ré des grains, il s'est élevé rapidement à un taux où les facultés d'une partie intéressante des citoyens ne peuvent plus atteindre.

Que des achats considérables s'en font à tout prix, et des plaintes en sont partout adressées à l'administration.

Que l'inquiétude du peuple sur une hausse aussi exorbitante commence à se manifester d'une manière alarmante pour la tranquillité pul-lique (i).

Cet arrêté ne fait aucune allusion aux événe-

(i) Arrêté du conseil général du dépt. de l'Ain, concernant les grains. Du i6 août 1792. âéance permanente. Bourg, 1792, \ p. in-4°, — Ph, L. D.

Page 1