‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 169 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

je vous ai nommées à vous épauler ; ils sont à même de vous rendre de grands services, selon ce qu'ils m'ont marqué. Adieu, mon cher ami, conservez-vous, et surtout écrivez-moi sur-le-champ. Aucuns de vos numéros n'ont été égarés. Vous pouvez toujours m'écrire à la même adresse ; et suis pour la vie votre ami. Signé, Mis... de StV...

Cette lettre était-elle réellement d'un ami de Chalier ? N'était-elle pas plutôt d'un ennemi qui voulait le compromettre en le supposant faussement du parti des princes ? Si Chalier avait été royaliste, il aurait pu se glisser dans le camp des patriotes pour savoir ce qui s'y passait, mais se serait-il montré le plus féroce des patriotes; auraitil, pour servir les princes, projeté l'extermination de tous les contre-révolutionnaires ?

Quoi qu'il eh soit, le Directoire de Rhône-et- Loire délégua un administrateur du département et un administrateur du district, les citoyens Coutturier et Matheron, avec mission de se rendre à Nantua, de faire saisir et conduire à Lyon le chirurgien Guinet et l'ex-constituant de Lilia, et de visiter leur correspondance. Les délégués, arrivés à Nantua, font prendre un arrêté municipal qui ordonne une perquisition au domicile des deux prévenus ; mais comme le domicile du citoyen de Lilia est à Montréal, le citoyen Coutturier se transporte à Montréal, le 2 juin, escorté du maire et du procureur de la commune de Nantua, des

3lO ONZIÈME ÉPOQUE.

citoyens Claude-Marie Humbert et Jean-Joseph Domange, et, après avoir obtenu de la commune l'autorisation nécessaire, procède le même Jour à la perquisition domiciliaire, dont l'acte suivant constate le résultat négatif :

Ce jourd'huy, 2 juin 1793,.... en suite de la de'libération du même jour, nous étant transporte's au domicile du citoyen Delilia, vérification faite en présence du citoyen Coutturier, administrateur du département de Rhône et Loire, dans le cabinet et appartements dudit citoyen Delilia; n'ayant trouvé aucun papier qui puisse porter le moindre soupçon ni aucun indice de l'objet de notre recherche, nous nous sommes retirés, et a ledit Coutturier signé avec nous les jour et an que dessus. Signé : Coutturier, Beysson, maire, Robin, Neyron, officiers municipaux, et Maçon, procureur (i).

La perquisition ne fut pas plus fructueuse chez le chirurgien Guinef, ce qui n'empêcha pas les prétendus amis de Ghalier d'être arrêtés l'un et l'autre. Mais, sur la réclamation de la société populaire de Nantua et de divers citoyens, ils furent remis en liberté. Dès le lendemain, 3 juin, M. de Lilia rendit compte lui-même de l'incident au procureur-général-syndic. Celui-ci en référa au Directoire. Le Directoire, dans sa séance du 5 juin, décida qu'il prendrait des renseignements ; et, dans celle du 17, il reconnut que le patriotisme

f (i) Copie manuscrite. — C'e D.

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