CHAPITRE III
républicains, qu'ils sont armés pour soutenir la liberté, Tégalité, l'unité et Tindivisibilité de la République, pour maintenir la sûreté des personnes et des propriétés, que la vraie gloire du soldat citoyen est de prévenir TefFusion du sang et la. guerre civile, qu'ils doivent se présenter dans le Jura comme des amis et des pacificateurs, enfin que s'ils se trou voient dans la cruelle nécessité de résister à l'oppression, ils n'ont pas juré en vain de vivre libres ou de mourir. »
Avant de se séparer, les administrateurs du département écrivent aux administrateurs des districts :
Les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons deviennent de jour en jour plus impérieuses. Nous avons plus que jamais besoin de nous environner de lumières; continuez-donc, nous vous en conjurons, de tenir près de nous un député de votre administration. En d'autres temps, notre lettre pourroit ne porter que le caractère d'une invitation ; aujourd'hui, nous sommes forcés de vous dire que nous vous rappelons au devoir le plus pressant. L'agitation est dans le Jura ; elle s'est communiquée à la ville de Bourg; tout délai de votre part seroit un crime (i).
Le même Jour, ou plutôt dans la nuit du 24 au 2: juin, un détachement de i5o citoyens armés pc.rtpour Lons-le-Saunier. Arrivé à Saint- Amour,
(;) Registre du Diiectoire de l'Ain, 24 jain 179?, Tome III.
il demande une ou deux pièces de canon et les loo hommes devant compléter le contingent promis.
Le 26 juin, le Directoire de PAin décide que Ton enverra une pièce de canon (i) et les 100 hommes réclamés. Ensuite il rédige une lettre destinée à instruire les districts de ce qui s'est passé depuis le 24.
Le lendemain, 27 juin, un député de Lyon est admis à la séance du Directoire. Il propose diverses mesures pour le salut des citoyens et de la République, et il sollicite Tenvoi de délégués qui s'assureront des vrais sentiments des Lyonnais. Le Conseil, « considérant que la situation de la ville de Lyon intéresse de trop près le département de l'Ain pour lui être indifférente, » arrête qu'il sera écrit deux lettres : l'une au Conseil général de la commune de Lyon et l'autre aux administrateurs de Rhône-et-Loire.
Les sentiments et principes de ces lettres, ajoute le procès-verbal, seront que le département de l'Ain restera constamment attaché h l'unité et indivisibilité de la République et au centre d'unité dont il ne s'est point séparé ; mais que, s'il se dirigeoit contre lui une véritable oppression, il croiroit devoir y résister ; que les intérêts de la ville de Lyon et du département de Rhône-et-Loire lui
(i) Le département avait commandé six canons à Lyon ^voirie V'chapitre de la X« Epoque). Deux venaient de lui être livrés (23 juin). Les quatre autres n'étaient pas encore fondus à la date du 21 : ce jour-là. le Directoire avait décidé qu'ils se nommeraient Barneveldt, Guillaume Tell, Jean Bart et Redoutable.