‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 179 sur 275 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

sont et seront toujours chers, et qu'il est très sensible aux sentiments d'attachement que lui a donnés de sa part son député ; que le département de l'Ain sans rejeter l'offre de secours à lui faite par ledit député de la part de la commune de Lyon, croit n'en avoir pas besoin dans les circonstances actuelles, soit parce que ses principes et sa conduite ne peuvent le mettre dans le cas de craindre aucun acte d'oppression, soit parce qu'il paroît que les troubles du Jura touchent à leur fin et que les voies de conciliation sont probablement sur le point d'y ramener la paix et la sécurité; qu'ainsi il ne reste à désirer au département de l'Ain que de voir le département de Rhône et Loire et la commune de Lyon acquérir la tranquillité et la sécurité par des voies aussi pacifiques ; que, s'il étoit en son pouvoir d'y contribuer, il n'est rien qu'il ne fît pour lui donner ce nouveau témoignage de son attachement (i).

En conséquence il arrête simplement que le citoyen Jourdan, membre du Directoire, ira prendre à Lyon les renseignements les plus positifs sur rétat des esprits et les projets des administrateurs, et déclarera formellement que le département de l'Ain « n'a jamais entendu se séparer et ne se séparera jamais du centre d'unité, mais qu'il croiroit devoir résister à l'oppression s'il pouvoit en éprouver aucune. »

Le même jour, 27 juin, les administrateurs de l'Ain rendent compte de leur conduite à leurs concitoyens dans les termes suivants :

(i) Registre du Directoire de l'Ain, scance du 27 juin 1793.

Citoyens ,

Nous ne vous rappellerons pas l'e'tat de crise où se trouve la République ,• il vous est connu.

Nos principes consacrés dans tous nos arrêtés sont liberté, égalité, unité et indivisibilité de la République.

La liberté comporte la résistance à l'oppression, et des hommes libres doivent prévenir toute espèce de tyrannie.

Le peuple est le juge de l'oppression ainsi que de ses avant-coureurs ; c'est à lui à combiner et à opposer les moyens de résistance.

Nous le consultons sur l'état des choses ; nous lui demandions un député par canton lorsque les circonstances se sont aggravées.

Deux commissaires de la Convention, envoyés au Jura et à l'Ain comme conciliateurs, disoit-on, et porteurs de lumières, se sont investis d'une force armée, et marchent au chef-lieu du Jura.

Une force armée, citoyens!... Est-ce ainsi que des députés vont à leurs commettans ? La raison n'a pas besoin de la force; mais la force étouffe la raison. Elle dispose des personnes, désorganise les autorités constituées et ouvre la porte à un arbitraire indéfini.

Les habitans du Jura se sont levés, non pour détruire le point d'unité de la République, mais pour ne pas être les victimes des préjugés ou des intentions de deux mandataires environnés d'un appareil menaçant. Ils ont offert et offrent encore de les recevoir s'ils se présentent sans armes.

Les citoyens de Bourg ont cru devoir secours à leurs frères ; ils sont partis.

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