‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 181 sur 275 · CHAPITRE m. 33 I · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. 33 I

teurs ont désiré un grand concours de lumières et l'expression de la volonté du peuple sur les mesures extraordinaires que les circonstances pourroient commander. Ils ont invité les districts à leur adjoindre un de leurs membres, et les communes un citoyen par canton.

Ils sont instruits que des districts, des cantons et des communes hésitent sur la députation, parce que, leur a-t-on dit, les principes du département tendoient au fédéralisme, qu'il ne reconnoissoit plus la Convention nationale et qu'il avoit formé des plans auxquels il cherchoit à donner de la consistance par l'assentiment des communes.

Citoyens, on a calomnié vos administrateurs. Donnez à leurs arrêtés une attention nouvelle, et vous verrez qu'ils ne respirent que la liberté, l'égalité et l'indivisibilité de la République... Quels seroient les insensés ou plutôt les traîtres qui penseroient à scinder une partie de l'Etat, lorsque l'Europe presque entière est conjurée contre lui ? La gravité des évènemens a dû sans doute tenir les yeux ouverts sur l'état de la Convention nationale ; mais le salut de la République exige la conservation d'un centre d'unité, et le salut de la République est la suprêm.e loi du Conseil général du département de l'Ain. Horreur du fédéralisme, correspondance suivie avec la Convention, enregistrement et exécution des loix, versement des deniers publics au Trésor national : tels sont ses principes et sa conduite effective.

Quant à des plans formés d'avance, Citoyens, il n'en eut jamais la pensée ; il cherche des conseils et non des assentimens...

Dans les temps d'inquiétude et d'orage l'indifférence du républicain est un crime... La discussion éclaire ; vous la devez à vos frères...

Districts et communes, ne balançez-donc plus à députer près de l'administration du département...

Fait à Bourg, le 5 juillet 1793, l'an second de la République française.

Signé au registre : Joseph Pages, président ; Tardy, vice-président ; Grumet , Perret (de Saint-Benoît) , GiROD , Peysson , Lescalier , Berard , Thoubillon , Balleydier, Ponthus, Perret (de Bourg), Martinon, MuRiLLON, Frémion, Morand et Robin, administrateurs du département ou membres du Conseil général.

VuY, député du district de Bourg ; Chenevier, député du district de Montluel ; Dumalle, député du district de Saint-Rambert ; Dalban, député du district de Chatillon ; Cornaton, député du district de Trévoux ; Taponaz, député du district de Gex.

Duhamel, procureur-général-syndic, et Brangier, secrétaire (i).

Deux signataires de cette proclamation ne la trouvèrent pas sans doute à la hauteur de leur patriotisme. « Je reconnois, dit Peysson à la séance du 7 juillet, je reconnois la Convention telle qu'elle est et déclare que je veux rester ami et mourir avec elle (2). ?> Et il offrit sa démission d'administrateur. Le procureur -genéral-syndic Duhamel offrit aussi la sienne. Ni l'une ni l'autre ne furent acceptées ; l'assemblée passa simplement à Tordre du jour.

(0 Le Conseil général du département de l'Ain à se$ Concitoyens, avec la liste des 27 cantons qui avaient déjà député. Bourg, 4 p. in-4» — Ph. L. D.

(2) Registre du Directoire de l'Ain.

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