Chapitre iV
nés se réunirent pour protester. La situation était d'autant plus difficile pour le Directoire de l'Ain que les représentants près de l'armée des Alpes lui demandaient de grandes fournitures pour les troupes et que les Lyonnais et les Maçonnais le pressaient aussi de favoriser leur ravitaillement.
Le Jura qui s'était trouvé dans le même embarras, avait pris le parti de suspendre, dès le 9 juin, Texécution de la loi du maximum.
L'Ain suivit son exemple. Par un arrêté du 7 juillet, très longuement motivé, nos administrateurs décidèrent que le maximum serait « suspendu provisoirement dans toute l'étendue du département, jusqu'à ce que la Convention nationale en ait autrement ordonné; » et ils invitèrent les Conseils généraux des communes « à prendre sur le champ les mesures qu'ils jugeroient les plus convenables pour venir au secours des citoyens et familles qui, faute de travail ou par impuissance de travailler duement constatée, ne pourroient se procurer les moyens d'atteindre au prix libre des grains (i)... »
Pendant ce temps-là, une révolution municipale s'effectuait à Bourg. Les deux sections de la
(i) Arrêté du Conseil général du département de l'Ain portant suspension provisoire de la fixation du maximum du prix des grains. Du 7 juillet 1793, l'an 2' de la République, une et indivisible. Bourg. 12 p. in-4* ~ Ph. L. D.
ville, usant du droit de résistance à V oppression proclamé par le Directoire de TAin, et agissant en vertu de la souveraineté du peuple, se réunissaient et procédaient au renouvellement de la municipalité afin d'en écarter les intrigants.
Pour l'honneur de notre cité, il faut dire avec quelques détails comment Blanq-Desisles, RoUet, Gonvers,Chaigneau, Albant, Duhamel, Reydellet, Desbordes et Pochon furent mis à la porte, et comment ils avaient perdu la confiance des citoyens.
Le 2 juillet lygS, les deux sections s'assemblèrent dans la salle des spectacles sous la présidence de M. Populus et chargèrent le comité de salut public de présenter un rapport sur l'opportunité de nouvelles élections.
A la séance du 4 juillet, après le rapport du citoyen Ghesne, on vota sur la question d'opportunité, qui fut tranchée affirmativement par 261 voix contre 14.
A la séance du 5, sur un autre rapport de M. Ghesne, on décida 1° que la réorganisation ne serait pas sujette à l'homologation du département, 2° que les élections, annoncées par des affiches et le son de la grosse cloche, auraient lieu, le dimanche 7 juillet, dans la chapelle des ci-devant Pénitents.
Le scrutin, ouvert le 7, donna les résultats sui-