‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 19 sur 275 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

jourd'huî, s'inquiétaient peu du sentiment public quand il gênait ses vues.

Le renversement du trône fit aussi dans Tarmée de nombreux mécontents (i'. L'Assemblée nationale Tavait prévu et, dès le 14 août, elle avait expédié douze commissaires pour expliquer aux troupes les événements du 10 août, avec pouvoir de suspendre et arrêter, quand cela serait nécessaire, les généraux, les officiers et même les fonctionnaires civils.

Ce décret, dit M. Eugène Pierre, n'était pas de nature à maintenir dans l'obéissance les commandants des corps d'armée. La Fayette en fut particulièrement irrité ; il osa faire arrêter (à Sedan) les tiers-commissaires envoyés par l'Assemblée, et il forma le projet de marcher sur Paris avec son armée. Avertie à temps, l'Assemblée décréta La Fayette d'accusation, et enjoignit à toutes les autorités constituées, à tout citoyen et soldat de s'assurer de sa personne par tous les moyens possibles. Les actes de la représentation nationale avaient alors une grande autorité sur l'esprit des troupes. La Fayette fut abandonné par ses soldats, et la fuite à l'étranger fut la seule ressource de celui qui était, deux 'ans auparavant, l'homme le plus populaire de la Révolution (2).

4iPour être exact, il faut ajouter que La Fayette passa la frontière avec vingt-et-un officiers, et qu'il quitta son armée du Nord pour éviter un sanglant

(1) Voir dans X Histoire de la Terreur de M. Mortimer-Tern jUX la note 8, t. III, intitulée : Protestations militaires contre le lo août. ■ ■ 1.2) Hist, des assemblées politiques en France. 1. 1. p. io6. ' V Tome III. 3

conflit entre les soldats qui voulaient le défendre et ceux qui voulaient le livrer.

Le 10 août fit surgir à la municipalité de Bourg des motions de sycophante et de vandale.

Dans sa séance du 21 août, sur l'observation d'un de ses membres, que le plus sûr moyen d'arrêter les complots aristocratiques était « d'intercepter les lettres venant de l'étranger, adressées à des personnes notoirement connues pour les ennemis du nouvel ordre de choses, et encore les papiers publics aussi notoirement contre-révolutionnaires, » elle nomma deux commissaires pour opérer cette belle besogne. Mais le Directoire, qui n'était pas à la riauteur de la commune, ne permit alors que l'interception des journaux hostiles.

Dans une autre séance, celle du 27 août, Blanq- Desisles, pressé de jouir du régime républicain, proposa de substituer sur .la façade de la mairie le nom de Maison commune à celui de Hôtel-de- Ville^ et d'effacer sur le même monument Técu aux armes de France et ses trois fleurs de lys « comme un reste de l'ancienne féodalité et caractérisant les armes de la maison de Bourbon. » Le Conseil écarta ^a motion, en lui disant que le gouvernement monarchique n'était aboli par aucune loi, qu'il fallait attendre la décision de la

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