Tome III. 2a
réflexion. Que les royalistes, en s'unissant aux républicains contre les oppresseurs, aient eu Tarrière-pensée de rétablir la religion et la monarchie, c'est assez naturel ; que leurs rangs se soient accrus des mécontents du nouveau régime, et que, plus tard, sous la Restauration, la rébellion lyonnaise ait été considérée comme faite en faveur du trône et de l'autel, c'est encore possible. Mais tel n'était pas dans le principe le but de la révolte ; son but était de défendre la cause de la liberté. « Pendant le siège, le drapeau tricolore ne cessa de flotter sur les édifices, et l'on n'arbora dans la ville aucun signe qui pût faire soupçonner qu'on voulût s'y déclarer contre le gouvernement républicain (i). )) La lutte fratricide commença donc entre républicains, et la Convention eut la honte de l'initiative.
Un grand intérêt s'attache au siège de Lyon que nous allons esquisser. Si les Lyonnais avaient triomphé, les soixante-six départements fédéralistes auraient repris l'offensive et en auraient entraîné d'autres; les tyrans démagogues seraient tombés ; des flots de sang pur n'auraient pas rougi l'échafaud.
Pour nous, voisins de Lyon, nous ne pouvons ignorer les rapports que nous avons eus avec les combattants. D'une part, notre compatriote Gau-
(i) Sièg^e de Lyon; hist. de Commune Affranchie, 2' édition, p. 65.