CHAPITRE PREMIER
Le siège de Lyon, intérêt qu'il nous inspire. — Camp près de Bourg; Dubois-Crancé, Gauthier, Kellermann et son état-major; leurs dispositions conciliantes devant le Directoire de l'Ain; leurs dispositions réelles, lettre du 6 août. — Résistance des gardes nationaux de Bourg à la réquisition ; ils ne veulent pas prendre les armes contre les Lyonnais. Arrêté des représentants contre les déserteurs. — Le général de Précy. Protestation des Lyonnais contre les préparatifs du siège. L'armée campée près de Bourg arrive le 7 août sous les murs de Lyon. Ultimatum injurieux des représentants et sommation de Kellermann ; avis de Précy, digne réponse des Lyonnais. Avant que cette réponse soit notifiée, les troupes de Dubois-Crancé commencent le feu; l'avantage reste aux Muscadins. La comédie au quartier général de la Pape.
La Convention, ou plutôt la poignée de gredins qui gouvernait en son nom, n'avait pardonné à Lyon ni sa victoire du 29 mai ni la peur qu'elle avait encore du fédéralisme. Voilà pourquoi ses proconsuls de Tarmée des Alpes se montraient si arrogants dans les négociations ; pourquoi la soumission des Lyonnais devint inutile, pourquoi le siège fut décidé.
Nous avons déjà dit que cette décision fut cruelle et intempestive. Répétons aussi que les Lyonnais ne répudiaient pas la République, mais les oppresseurs de la République, et ajoutons une