‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 24 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

d'œuvre apparent de politique ne fut, aux yeux du patriote calme et penseur, qu'un tableau magique, dont les fils étoient reste's dans les mains du despote.

La Constitution de 1791 n'était pas seulement répudiée comme un vieil oripeau monarchique ; Forateur exagérait aussi à plaisir les dangers qu'avait courus la liberté du peuple et portait aux nues les députés jacobins qui Pavaient sauvée. Cétait évidemment les indiquer, eux et leurs pareils, au choix des électeurs :

N'en doutez pas, citoyens ... les victimes étoient déjà marquées ; le jour du sacrifice approchoit ; oui, sans l'activité et sans l'énergie de vos représentants actuels, vous touchiez à l'époque fatale, et vous étiez engloutis par ces volcans dont l'explosion vient de se faire sous les pas des traîtres qui les avoient creusés.

Grâces immortelles vous en soient rendues, législateurs inaccessibles à la crainte et à la corruption....

Venger les outrages faits à la nation, donner à la France une Constitution plus analogue au caractère natif et indélébile de ses habitants ; voilà citoyens, le but éloigné de la loi qui vous rassemble... (i).

. A Bourg, un officier municipal, le fameux Blanq- Desisles, dirigea le choix de ses concitoyens vers

(i Discours prononcé par un citoyen à l'ouverture de la séance deVAslemllée primaire de Betley, section de la ville, le 26 août 1792, l'an 4 ie la liberté, Belley, 1792, 4 p. 111-4°. — Ph- L-D-

Le citoyen, qui présida et styla les électeurs de Belley, n'est pas lommé.

les vrais révolutionnaires, et non vers les patriotes delà veille. Ce qu'il dit de ces derniers ne manque pas de justesse, et peut s'appliquer à bon nombre de républicains de nos jours :

Frères et amis,

.... La suspension du roi et la Convention nationale viennent de produire un phénomène: elles ont fait éclore une pépinière de patriotes d'un jour, enfans de la peur et de l'intérêt ; si l'un et l'autre venoient à cesser, nous les reverrions encore s'armer contre les peuples et chercher à détruire leurs droits. Mais, il parle aujourd'hui ce peuple, il est puissant ; l'aristocrate et le modéré ne changent pas de rôle, ils changent d'objet, ils rampent toujours, mais sous la souveraineté nationale.

Sachons cependant lire sur leur visage, et démêlons la rage qui tourmente leurs cœurs ; surtout ne soyons pas leur dupe : vrais caméléons, serpens tortueux, ils soni prêts à se courber en tous sens pour nous plaire. Je vous les recommande, citoyens, et voici leurs portraits. Leui sourire est faux, leurs louanges basses, leurs discours entortillés et leur patriotisme intéressé. En un mot, flattei le peuple quand il dispense des places et des honneurs voilà leur seule vertu. Ils vous caressent dans ce moment mais c'est pour vous étouffer si vous avez encore la générosité ou, pour mieux dire, la foiblesse de vous laisseï séduire par leurs paroles captieuses et leur patriotisme d^ circonstance; mais la patrie, la Constitution, la liberté tout va s'éteindre pour vous, si dans ce grand jour d'un< Convention nationale vous confiez vos pouvoirs aux intrigans mielleux ou aux traîtres effrontés.

Ce sont des cœurs purs et désintéressés qu'il nous faut

Page 1