‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 23 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Bourg, le 26 août, l'an 4' de la liberté. Monsieur et cher compatriote,

Le conseil du département a reçu la lettre que vous lui avez e'crite le 17 de ce mois, et celle où vous lui de'taillez les nouvelles des 10 et 11. Il a lu, avec tout l'inte'rêt qu'inspire la chose publique dans des circonstances aussi difficiles, les nouvelles que vous lui avez transmises ; il me charge de vous en faire ses remerciements. Votre première lettre a e'té envoyée, ainsi que vous le désiriez, à la municipalité de Bourg, qui en a donné connaissance aux citoyens. Je suis persuadé, monsieur, que vos concitoyens rendront toujours justice à vos sentiments et à votre attachement pour la chose publique.

Notre département est assez tranquille ; il s'élève cependant de temps en temps quelques nuages. Ils prennent naissance dans les inquiétudes du moment, et sont dissipés à l'instant même, en éclairant les citoyens. Depuis un trois nous avons levé et organisé trois bataillons de huit cents hommes chacun ; on s'occupe à les mettre en état de service. Il y a encore cinq compagnies à Bourg qui attendent la formation d'un 4* bataillon.

Je vous envoyé, cy-joints, plusieurs exemplaires de l'adresse de notre département sur les événements du 10. je vous prie d'en faire part à M. Rubat; j'en ai adressé à M . Régnier pour les autres députés.

Recevez, monsieur, l'assurance de mon sincère attachement.

Le Président du département de l'Ain,

Favier (i). ,

\) Lettre manuscrite. — Ph. L.D.

Aux termes du décret du 1 1 août, les assemblées primaires furent convoquées pour le 26 août et les assemblées électorales pour le 2 septembre. Les électeurs nommèrent le même nombre de députés à la Convention qu'à TAssemblée législative, c'està-dire 749, presque tous républicains. L'opinion publique avait été faussée, comme toujours, par les histrions de la souveraineté du peuple.

Carra, le fameux démagogue natif de Pont-de- Veyle, avait, dans ses Annales patriotiques^ menacé les futurs députés de les enterrer tout vifs s'ils ne votaient pas contre la monarchie : « Nous invitons toutes les Assemblées électorales d'exiger, des députés qu'ils nommeront à la Convention nationale, le serment de ne jamais proposer ni roi ni royauté, sous peine d'être enterrés tout vifs^ dans leurs départements, à leur retour (i). »

Dans notre pays même on endoctrina les électeurs sans la moindre vergogne. Voici, par exemple, ce qu'on lit dans un discours pronoAcé à Belley par le Président de l'Asssemblée primaire :

Cette Constitution que vos premiers Repre'sentants vous offrirent comme la plus parfaite qu'un peuple sage pût se donner; cette Constitution que dans le saint enthousiasme de la liberté, vous jurâtes de défendre jusqu'à la dernière goutte de votre sang; eh bien! cette Constitution, ce chef-

(i) Articles, notes et extraits d'articles, tirés des Annales patriotiques^ p, 27. Ouvrage déjà cité. — C" D.

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