CHAPITRE IV
dans les sanglants combats qn'ils soutinrent victo-
ieusement à St-Just, à Perrache et aux Broteaux.
Le i^"" octobre, pendant que les deux partis
donnaient la sépulture à leurs morts, pendant que
e corps administratif des Lyonnais et les généraux
ie l'armée lyonnaise renouvelaient à Thôtel-de-
dlle le serment de ne pas transiger avec les senti-
nents qui les avaient animés jusqu'alors, le
général Doppet préparait une attaque générale et
iécisive pour le 8, entre onze heures et minuit.
^ cette occasion les représentants tinrent conseil,
t, soit jalousie, soit divergence d'opinions, la
)rouille se mit entre -eux, si bien que la Conven-
on, par un décret du 6 octobre connu le même
our à Lyon, rappela Dubois-Crancé et Gauthier ;
ubliant que ces proconsuls avaient le plus grand
ésir de châtier Lyon et que le siège était le résul-
at de leurs propositions inconciliantes, elle suppo-
ait qu'ils avaient trahi parce qu'ils n'avaient pas
aincu.
Le lendemain, 7 octobre, les autres représenants firent aux Lyonnais une dernière sommai, que des hommes de cœur ne pouvaient ccepter : « Nous vous sommons encore, dirents, au nom du peuple français élevé contre vous, 'ouvrir vos portes, de poser les armes et de livrer s scélérats qui vous trompent, vous oppriment et oui- perdent. »
Le général Arnaud répondit le même jour ave» indignation :
Je viens de recevoir pour l'armée que je commande (i) une adresse aussi absurde que ridicule. Les représentant du peuple s'imaginent-ils égarer aussi facilement les brave et énergiques Lyonnais que les troupes amenées contr nous ? Peuvent-ils croire qu'une adresse insignifiante peu plus sur un peuple fidèle à sa patrie que les maux horrible dont ils nous ont accablés ? Si un affreux bombardement des combats et des veilles continuels n'ont pu abattr notre valeur, combien ne devons-nous pas trouver insenséi la ruse méprisable qu'on emploie actuellement? Notn patrie, voilà notre ralliement, — la résistance à l'oppres sion, notre devise, — et la mort, notre devoir (2).
Tels étaient toujours les sentiments des chefs d( la défense. Mais le peuple, travaillé de plus en plu: par les Jacobins, démoralisé par les privations perdait patience et courage. On lui avait en vair dissimulé un avis annonçant que Kellermanr avait, le 4 octobre, chassé les Piémontais du dépar tementdu Mont-Blanc; une femme, pourvue d'ur certain nombre d'exemplaires de cette proclamation, l'avait fait afficher. La multitude se mutina, en voyant lui échapper sa dernière planche de salut; elle se rendit aux sections, et demanda qu'une honorable capitulation fût négociée. Les trente-deux sections envoyèrent donc, le 8 octo-
(i) Celle cantonnée à St-Just, St-Irénée, Trion et Loyasse. (2) Hist. du peuple de Lyon, t. II, p. i56.