‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 249 sur 275 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

quer par quatre côtés à la fois, pour étourdir l'ennemi et diviser ses forces (i).

Le même jour, à minuit, la ville fut entièrement bloquée. La Convention, qui ne comprenait pas rimpuissance de ses troupes et l'attribuait au mauvais vouloir de Kellermann, lui ôta le commandement, l'envoya combattre les Piémontais, et le remplaça par le général Doppet, qui n'arriva que le 26 septembre. En attendant ce fut Châteauneuf- Randon qui eut la haute main sur les opérations du siège. Le 19, ce représentant adressa encore une sommation aux Lyonnais, qui la repoussèrent comme les précédentes. Le feu des batteries recommença de plus belle, et alors les Bleus, très supérieurs en nombre, parvinrent à rétrécir le cercle d'investissement. Mais les Muscadins ne cédèrent pas leurs avant-postes sans une lutte énergique et meurtrière. Ainsi cinquante Lyonnais défendirent le poste de la Duchère avec une telle obstination qu'il fallut quatre mille Bleus pour les en chasser. Vingt-cinq autres Lyonnais n'abandonnèrent le poste du cimetière de Cuire qu après avoir tué à Tennemi deux mille hommes, et encore se retirèrent-ils en bon ordre, emmenant avec eux leurs canons. D'autres postes, le pont d'Oullins et la redoute de Sainte-Foy, ne furent pris que par trahison.

(I Hist. dit peuple de Lyon. t. II. p. io5.

Pendant toute la durée du siège, les Jacobins restés parmi les assiégés eurent des intelligences avec Pennemi. Mais lorsqu'ils se sentirent soutenus par les mécontents, las de la lutte et des privations, ils compromirent sans vergogne les opérations de la défense. Le général de Précy n'ignorait pas leurs manœuvres, et, dans sa proclamation du 27 septembre, il appela sur eux Tattention des braves soldats :

Tous vos ennemis, leur dit-il, ne sont pas sous vos murs; tous ne sont pas allés grossir l'armée qui vous assiège : il en est encore dans les sections ; il en est dans vos- bataillons qui font des vœux pour nos oppresseurs, en paraissant marcher sous les drapeaux de la cause que vous défendez avec tant de justice, de raison et de gloire.

Des traîtres ou des lâches ne doivent pas rester avec des hommes fidèles et courageux. Tous ceux qui ne servent pas avec énergie une cause qui ne souffre point de perfidie, d'indifférence ou de lâcheté, doivent sortir de vos rangs...

Braves soldats 1 ne craignez point d'être sévères dans ce recensement épuratoire... Votre général, fier de l'honneur de commander des citoyens vertueux et intrépides, ne veut point en trouver d'autres dans vos bataillons (i).

Malgré la trahison, la famine et l'infériorité du nombre, les Lyonnais et leur général de Précy firent encore des prodiges de valeur dans la journée du 29 septembre ; ils se couvrirent de gloirei

(i) Hist. du peuple de Lyon, t. II, p. i33. ]

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