CHAPITRE IV. 4b
ur la présentation du comité de salut public, une comnission extraordinaire composée de cinq membres, pour aire punir militairement et sans délai les contre-révoluionnaires de Lyon.
Art. II. — Tous les habitans de Lyon seront désarmés, -eurs armes seront distribuées sur le champ aux défeneurs de la république. Une partie sera remise aux patriotes le Lyon, qui ont été opprimés par les riches et les contreévolutionnaires.
Art. III. — La ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui ùt habité par le riche sera démoli. Il ne restera que la naison du pauvre, les habitations des patriotes égorgés ou )roscrits, les édifices spécialement employés à l'industrie, t les monumens consacrés à l'humanité et à l'instruction mblique.
Art. IV. — Le nom de Lyon sera effacé du tableau des illes de la république. La réunion des maisons conservées ortera désormais le nom de Ville-Affranchie.
Art. V. — Il sera élevé sur les ruines de Lyon, une olonne qui attestera à la postérité les crimes et la unition des royalistes de cette ville, avec cette inscripion :
Lyon fit la guerre a la liberté ;
Lyon n'est plus.
Le i8e JOUR DU I" mois,
l'an second de la république française,
une et indivisible.
Art. VI. — Les représentans du peuple nommeront sur ; champ des commissaires pour faire le tableau de toutes :s propriétés qui ont appartenu aux riches et aux contreîvolutionnaires de Lyon, pour être statué incessamment ar la Convention sur les moyens d'exécution du décret
du 12 juillet dernier, qui a affecté ces biens à l'indemnité des patriotes (i).
Ce fameux décret fut contre-signe par Jagot, député de Nantua, Tun des secrétaires de la Convention à cette époque.
L'article i^'' autorisa les massacres juridiques qui firent couler des ruisseaux de sang et auxquels notre département fournit de nombreuses victimes, sans compter celles envoyées de Bourg par le féroce Albitte. Nous parlerons, dans le prochain volume, de ces tribunaux révolutionnaires dont Tun eut pour accusateur public, l'accusateur public de Bourg, le citoyen Merle, de Bâgé. Nous dirons un mot aussi de la démolition et de la reconstruction des façades de Bellecour.
Le siège de Lyon et ce monstrueux décret, qui en fut le digne couronnement, ont arraché à Fabbé de Montgaillard un cri d'admiration pour les vaincus et de malédiction pour les vainqueurs : « Héroïque et noble cité de Lyon ! tu seras à jamais illustre dans l'histoire ; les citoyens nés dans tes murs se glorifieront à juste titre du nom de
(i) Décrets de la Convention nationale, des premier octobre ï~g3 et 2 1« jour du premier mois de l'an second de la République française, une\ et indivisible. |
1° Qui autorise les municipalités à arrêter les marchandises et appro-i visionnemens expédiés pour les villes en état de rébellion. '
2° Portant que la ville de Lyon sera détruite et son nom effacé du tableau des villes de la République. Bourg, 4 p. 111-4°. — (>« D.